Stabiliser les ravins qui menacent les quartiers populaires, préserver les ouvrages réalisés et remettre à niveau les infrastructures techniques des universités : le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, poursuit une approche qui associe urgence environnementale et investissement dans les équipements publics.
Mardi 13 octobre, ses descentes de terrain l’ont conduit à Kisenso, puis à l’Intendance générale de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), deux sites où la question de la durabilité des infrastructures se pose avec acuité.

À Kisenso, des érosions stabilisées, mais des ouvrages à protéger
Au quartier Mission, dans la commune de Kisenso, le ministre a inspecté les travaux de stabilisation de deux têtes d’érosion, Mission-Mulele 1 et Mulela 2.
La première, présentée comme une menace ancienne remontant à 1960, illustre la persistance des risques d’érosion dans cette partie de la capitale.
Sur les deux sites, les travaux de stabilisation ont eu recours à la technique des gabions, ces cages métalliques remplies de pierres utilisées pour contenir les sols et limiter les effets du ruissellement. L’enjeu est de consolider les zones fragilisées et de réduire les risques pour les habitations et les voies de circulation environnantes.

Face à l’avancement des travaux, Banza Lunda a insisté sur la nécessité de protéger les matériaux et les ouvrages réalisés. Il a invité ses collaborateurs et les autorités locales à sensibiliser les habitants au civisme, afin d’éviter les dégradations et de préserver les investissements consentis.
Car la lutte contre l’érosion ne s’arrête pas à la fin du chantier : elle exige également un entretien approprié, une gestion rigoureuse des eaux de ruissellement et la protection des dispositifs de stabilisation.
La Boucle Savane de la Paix, maillon du désenclavement
La visite a également remis en évidence un besoin de mobilité urbaine : le réaménagement de la Boucle Savane de la Paix. Le ministre a souligné l’urgence de cette intervention pour assurer une liaison plus efficace entre les deux perpendiculaires de la Paix et l’avenue du Rail.
Au-delà de l’amélioration de la circulation locale, l’objectif est de faciliter les déplacements dans cette partie de Kinshasa et de mieux la connecter au réseau routier environnant.
Cette intervention devra s’inscrire dans une logique de continuité des voies et d’accessibilité des quartiers, au lieu de se limiter à des aménagements ponctuels.
À l’Intendance générale de l’ESU, reconstruire l’outil technique
De Kisenso, le ministre s’est rendu à l’Intendance générale de l’Enseignement supérieur et universitaire, où il a annoncé la prise en charge, par le ministère des ITP, du projet de modernisation et de réhabilitation de cette structure administrative et technique.
La remise à niveau de l’Intendance vise à lui restituer les capacités logistiques et techniques nécessaires à la maintenance régulière des campus universitaires, mais aussi aux interventions d’urgence, notamment à l’Université de Kinshasa (UNIKIN) et dans les autres établissements du pays.
Le projet prévoit également l’installation d’équipements de pointe et de laboratoires de haut niveau. L’ambition est de faire de cette structure non seulement un outil d’appui à la maintenance des infrastructures universitaires, mais aussi un cadre de formation pratique pour les futurs ingénieurs.
À la suite d’une correspondance du recteur de l’UNIKIN, le professeur Jean-Marie Kayembe, une équipe technique doit être dépêchée sur place pour harmoniser les données disponibles et ajuster le projet global.
Des campus à entretenir pour préserver l’investissement public
La directrice générale de l’Intendance générale, Marie-Line Lufua Binda, a salué l’implication du ministère des ITP et exprimé son soulagement devant la perspective d’une réhabilitation de cette structure. Elle a insisté sur l’importance de l’entretien des universités construites ou rénovées, condition indispensable à la pérennité des investissements et à l’amélioration des conditions d’apprentissage.
Le recteur de l’UNIKIN, le professeur Jean-Marie Kayembe, s’est également réjoui de la perspective de concrétisation du projet. Selon lui, la remise en service et la modernisation de l’Intendance doivent permettre de disposer d’un cadre de travail adapté et de laboratoires équipés, au bénéfice des étudiants. Il a rappelé le rôle des ingénieurs dans le développement du pays.
Cette dimension donne au projet une portée qui dépasse la seule réhabilitation immobilière. En dotant l’Intendance d’équipements appropriés, les autorités entendent renforcer la capacité d’intervention sur les campus et rapprocher la formation technique des réalités du terrain.
De l’urgence à la durabilité
Les visites de Kisenso et de l’Intendance générale de l’ESU mettent en évidence deux défis complémentaires de la politique des infrastructures : protéger les quartiers contre les risques environnementaux et préserver les équipements publics grâce à des mécanismes de maintenance adaptés.
À Kisenso, l’efficacité des travaux dépendra de la protection des ouvrages et de la gestion durable des eaux. Dans l’enseignement supérieur, la modernisation de l’Intendance devra se traduire par des équipements opérationnels, des interventions régulières et des conditions de formation améliorées.
Le véritable enjeu est désormais de faire durer les réalisations. Car stabiliser une tête d’érosion ou réhabiliter un campus ne suffit pas : encore faut-il garantir l’entretien des ouvrages, préserver les investissements et donner aux institutions les moyens techniques de remplir durablement leur mission.
JEK

