RDC : Human Rights Watch dénonce les violences contre l’opposition et réclame une enquête indépendante

L’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch condamne les violences survenues vendredi à Kinshasa lors de la manifestation interdite de l’opposition contre un éventuel projet de révision constitutionnelle, appelant les autorités congolaises à diligenter une enquête « impartiale, approfondie et transparente ».

Dans une réaction publiée ce samedi à la suite des affrontements, la directrice adjointe de la division Afrique de Human Rights Watch, Ida Sawyer, dénonce les incidents ayant opposé des militants de l’opposition aux forces de sécurité et aux « Forces du Progrès », groupe de soutien au parti présidentiel.

Selon elle, plusieurs responsables de l’opposition ont été blessés au cours des heurts, notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga, alors qu’ils se rendaient à un sit-in destiné à protester contre une éventuelle modification de la Constitution qui pourrait, selon les organisateurs, permettre au président Félix Tshisekedi de prolonger son mandat.

Human Rights Watch affirme que Martin Fayulu et d’autres membres de l’opposition se sont retrouvés bloqués au siège de leur parti, l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé), alors qu’ils étaient blessés. L’organisation soutient également que des militants des Forces du Progrès auraient attaqué le bâtiment sous le regard de policiers qui n’auraient pas empêché les violences.

Pour Ida Sawyer, les événements enregistrés vendredi constituent « les violences les plus graves contre l’opposition politique » depuis l’ouverture du débat sur une éventuelle révision constitutionnelle en République démocratique du Congo. L’organisation rappelle que les libertés d’expression et de réunion pacifique sont garanties par les instruments nationaux et internationaux relatifs aux droits humains et estime que le débat sur l’avenir institutionnel du pays doit pouvoir se dérouler sans intimidation ni recours à la force.

« Il est essentiel que l’avenir de la RDC soit débattu et discuté librement, sans avoir recours à la répression violente ni aux abus », souligne Ida Sawyer, avant d’exhorter le gouvernement congolais à faire toute la lumière sur les violences enregistrées lors de cette journée de tensions politiques dans la capitale.

Cette prise de position intervient au lendemain d’une manifestation interdite de l’opposition à Kinshasa, marquée par des affrontements, des blessés et de fortes tensions entre partisans du pouvoir et opposants, sur fond de controverse autour d’un possible processus de révision constitutionnelle.

Congo Guardian

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