Pas de répit pour le secteur des infrastructures en RDC. Au lendemain de plusieurs séquences diplomatiques et techniques consacrées aux grands projets structurants du pays, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a réuni mercredi 6 mai à Kinshasa l’ensemble de l’appareil technique de son ministère pour une vaste séance d’évaluation des chantiers en cours sur le territoire national.
Autour de la table : les directeurs généraux de l’Office des Routes (OR), de l’Office des Voiries et Drainage (OVD), de l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT), du Bureau Technique de Contrôle (BTC), du Fonds National d’Entretien Routier (FONER), ainsi que les responsables de la Cellule Infrastructures. Une réunion marathon à forte portée stratégique, dans un contexte marqué par l’urgence de sécuriser plusieurs axes vitaux du pays et d’accélérer l’exécution des projets jugés prioritaires par le gouvernement.
Au cœur des échanges, deux préoccupations majeures : la sécurisation des voies urbaines de Kinshasa et la gestion des urgences érosives dans le Grand Kasaï.
Dans la capitale, le ministre a insisté sur la réhabilitation des voies dites “sécuritaires” situées dans le périmètre présidentiel, un chantier présenté comme essentiel pour améliorer la mobilité urbaine mais aussi renforcer les impératifs de sécurité autour des institutions de l’État.
Les discussions ont également porté sur la modernisation de l’axe Kasindi–Beni, dans la province du Nord-Kivu, corridor stratégique pour les échanges régionaux et l’intégration économique avec les pays voisins de l’Afrique de l’Est.
Mais c’est surtout la situation dans l’espace kasaïen qui a dominé une large partie des travaux. À Miabi, dans le Kasaï-Oriental, l’érosion Boya menace directement des pylônes de la SNEL et fait planer un risque sérieux sur la desserte énergétique de la région.
Alerté notamment par le député national Serge Kasanda, le ministre des ITP a ordonné l’accélération des études liées à la modernisation de la RN40 sur l’axe Tshimbulu–Mwene-Ditu.
Le groupe Safrimex a été placé en première ligne dans plusieurs interventions d’urgence. Parmi les dossiers évoqués figurent notamment le pont sur la rivière Lubi à Bena Nganza, désormais intégré au programme des travaux urgents, ainsi que l’axe Mbujimayi–Lupatapata, appelé à être pris en charge dans le calendrier immédiat des interventions.
Autre sujet de vive inquiétude : l’état de vétusté avancée du pont Lubilanji vers Mwene-Ditu, infrastructure clé pour la connectivité régionale. Les autorités techniques ont été instruites d’agir rapidement afin d’éviter toute rupture majeure de circulation.
À travers cette réunion, John Banza Lunda entend imposer une méthode fondée sur l’anticipation, la réactivité et le suivi permanent des chantiers. Une logique de pilotage qui vise à répondre aux urgences provinciales tout en maintenant le cap de la modernisation des infrastructures nationales voulue par le président Félix-Antoine Tshisekedi.
JEK

