La République démocratique du Congo ouvre ce lundi 27 avril à Kinshasa les États généraux des postes et télécommunications, une première destinée à accélérer la transformation numérique du pays, moderniser un secteur stratégique et réduire la fracture numérique sur l’ensemble du territoire. Organisées jusqu’au 29 avril au Centre Culturel et Artistique des Pays de l’Afrique Centrale, ces assises se tiennent sous le haut patronage du président Félix Tshisekedi et à l’initiative du ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, José Mpanda Kabangu.
L’objectif de ces assises est de traduire en mesures concrètes la stratégie « RDC Digital Nation 2030 », dans un pays où l’accès au numérique demeure fortement inégal selon les régions.
« L’organisation de ces États généraux s’impose pour projeter le développement du secteur et matérialiser la vision du chef de l’État sur la réduction de la fracture numérique », avait souligné José Mpanda lors de la présentation du projet en Conseil des ministres en 2025.
Les travaux réunissent représentants des institutions publiques, autorités de régulation, opérateurs de télécommunications, fournisseurs d’accès à Internet, startups, investisseurs ainsi que partenaires techniques et financiers. Parmi les priorités figurent la modernisation du cadre légal, l’extension de la connectivité aux 145 territoires du pays, l’amélioration de la qualité des services, la stabilisation des coûts d’accès à Internet et la sécurisation des infrastructures de communication.
Le gouvernement entend également relancer le secteur postal, notamment à travers le projet de réactivation de la Banque postale, tout en mettant fin à l’occupation illégale et à la spoliation des actifs de la Société Congolaise des Postes et Télécommunications.
Considéré comme un levier majeur de croissance, le secteur des télécommunications est aujourd’hui le deuxième pourvoyeur de recettes publiques en RDC, selon les statistiques financières.
Ces assises interviennent alors que Kinshasa cherche à accélérer le déploiement de ses infrastructures numériques, notamment par des solutions satellitaires destinées à désenclaver les zones les plus isolées. Dans cette perspective, le ministre José Mpanda a récemment franchi une étape décisive en signant, le 7 avril à Pékin, un mémorandum d’entente avec China Unicom portant sur le développement d’un satellite congolais de télécommunications.
Cet accord, présenté comme stratégique, vise à doter la RDC d’une infrastructure spatiale souveraine capable d’améliorer la couverture nationale, de renforcer la résilience des réseaux et de sécuriser les communications gouvernementales et économiques. Pour les autorités congolaises, ce projet s’inscrit dans une logique de souveraineté technologique, en complément d’autres initiatives comme le déploiement de services de connectivité par satellite tels que Starlink.
Au-delà des annonces, les États généraux devront déboucher sur une feuille de route susceptible de répondre aux attentes d’un pays confronté à d’importants défis en matière d’accès, de couverture et de compétitivité numérique. Pour José Mpanda, qui plaidait depuis plusieurs mois pour la tenue de ces assises, leur ouverture constitue déjà une étape politique majeure.
JEK

