Drame à Goma : Judith Suminwa renforce son front humanitaire avec l’UNICEF

La crise dans l’Est de la République démocratique du Congo continue de s’alourdir. Après les frappes de drones sur Goma, qui ont coûté la vie à plusieurs civils dont une humanitaire, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a reçu à la Primature une délégation de l’UNICEF pour coordonner la riposte et réaffirmer l’engagement du gouvernement auprès des populations vulnérables.

Au cœur des échanges : la mort de Karine Buisset, membre du personnel de l’UNICEF, ainsi que la dégradation continue de la situation des enfants dans les zones affectées par les violences armées.

Une mobilisation dans un contexte de choc humanitaire

Conduite par le directeur régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Gilles Fagninou, la délégation onusienne est venue à Kinshasa dans un moment particulièrement sensible pour ses équipes déployées sur le terrain.

« Le moral est au beau fixe, mais il reste nécessaire de continuer à encourager l’équipe », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’un soutien renforcé aux travailleurs humanitaires confrontés à des conditions de plus en plus périlleuses.

La rencontre intervient alors que les organisations internationales alertent sur la multiplication des incidents sécuritaires visant, directement ou indirectement, les acteurs humanitaires dans l’Est du pays.

Kinshasa affiche son soutien aux humanitaires

Face à cette situation, Judith Suminwa a tenu à réaffirmer le soutien de l’exécutif congolais aux équipes de l’UNICEF et, au-delà, à l’ensemble des acteurs humanitaires opérant dans les zones de conflit. Selon Gilles Fagninou, la Première ministre s’est distinguée par « sa connaissance approfondie » des enjeux liés à la protection de l’enfant et par son engagement constant en faveur des filles et des adolescents en RDC.

Cette posture s’inscrit dans une volonté plus large du gouvernement de maintenir un lien étroit avec ses partenaires internationaux, dans un contexte où la crise humanitaire atteint un niveau critique.

Au-delà de l’urgence sécuritaire, les discussions ont également porté sur la situation globale de l’enfant en RDC. Si des progrès ont été enregistrés ces dernières années, notamment grâce à la collaboration entre l’État et ses partenaires, les défis restent immenses.

L’UNICEF a notamment plaidé pour le recours à des mécanismes de financement innovants, capables de renforcer l’appropriation nationale des programmes de protection et de développement de l’enfance.

Les deux parties ont convenu de maintenir un dialogue régulier afin de suivre l’évolution de la situation et d’accélérer les actions prioritaires.

Une enquête judiciaire ouverte

Sur le plan judiciaire, le gouvernement congolais a annoncé l’ouverture d’une enquête après la mort de Karine Buisset et de deux autres victimes, survenue lors des frappes à Goma. Cette démarche vise à établir les responsabilités dans un contexte où la protection des civils et des humanitaires devient un enjeu central du conflit à l’Est.

À travers cette rencontre avec la délégation de l’UNICEF, Kinshasa tente de conjuguer réponse immédiate à l’urgence humanitaire et action structurelle en faveur des populations les plus fragiles. Mais derrière les échanges diplomatiques et les engagements politiques, la réalité reste implacable : dans l’Est de la RDC, les enfants continuent de payer le prix le plus lourd d’un conflit qui s’enlise — et dont les conséquences dépassent désormais largement le champ militaire.

JDW

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