RDC : le Gouvernement réajuste les prix du carburant dans la zone sud suite aux contrecoups de la crise Iran-USA/Israël

La République démocratique du Congo ajuste sa politique tarifaire dans le secteur pétrolier aval. Le gouvernement a validé une hausse significative des prix des carburants destinés aux sociétés minières dans la zone Sud, dans un contexte de flambée des cours internationaux liée aux tensions géopolitiques entre Iran et les États-Unis.

Réuni le 16 mars 2026, le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a entériné une nouvelle structure tarifaire applicable aux entreprises extractives et à leurs sous-traitants, désormais soumis à la « vérité des prix » depuis la réforme engagée en juillet 2025, renseigne un communiqué ad hoc du ministère de l’économie nationale.

Cette révision intervient alors que le prix du baril de pétrole a connu une forte progression, passant de 62,5 USD en janvier à 103,5 USD en mars 2026, soit 60,3% de hausse sous l’effet des tensions sur les marchés énergétiques mondiaux.

Dans ce contexte, les autorités congolaises ont procédé à un ajustement mécanique des prix à la pompe pour les acteurs miniers :

le gasoil passe de 1,70 USD à 2,43 USD le litre (+42,9 %) ;

l’essence augmente de 1,60 USD à 2,08 USD le litre (+30 %).

Ces prix sont indexés sur le taux de change de la Banque Centrale du Congo, appliqué la veille de la mise à la consommation.

Fin des subventions pour le secteur minier

Depuis les réformes amorcées mi-2025, les sociétés minières et leurs sous-traitants sont exclus du mécanisme de subvention publique. Contrairement au marché domestique, ils s’approvisionnent désormais à des prix alignés sur les conditions internationales.

Cette différenciation tarifaire s’inscrit dans une stratégie plus large visant à rationaliser les dépenses publiques et à cibler les subventions vers les consommateurs finaux, tout en renforçant la discipline budgétaire.

Arbitrage entre compétitivité minière et équilibre budgétaire

La mesure intervient dans un secteur minier clé pour l’économie congolaise, premier moteur des exportations et principal pourvoyeur de devises. Elle pose néanmoins la question de l’impact sur les coûts de production des entreprises extractives, déjà exposées à la volatilité des marchés internationaux.

Pour les autorités, l’enjeu est de trouver un équilibre entre la préservation de l’attractivité du secteur et la nécessité de contenir les charges budgétaires liées aux subventions énergétiques.

La validation de cette nouvelle structure tarifaire s’inscrit dans la continuité des réformes engagées sous la supervision du Vice-Premier Ministre en charge de l’Économie nationale, visant à instaurer davantage de transparence et de prévisibilité dans la formation des prix.

La réunion du CSPPP a réuni l’ensemble des acteurs du secteur, incluant les sociétés pétrolières, les institutions économiques et financières, ainsi que les principales administrations concernées, traduisant le caractère stratégique de la réforme.

JDW

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