Dans un contexte de vives discussions au sein de l’Union sacrée de la Nation (USN) autour d’éventuelles révisions constitutionnelles, Modeste Bahati Lukwebo est sorti de sa réserve. S’exprimant, voici quelque 72 heures, au siège de son parti et de sa plateforme AFDC-A, le professeur Bahati a réaffirmé son attachement au respect strict de la Constitution, rappelant que le président Félix Tshisekedi dispose d’un mandat qui court jusqu’en 2028 et que toute autre interprétation relève de la responsabilité de ceux qui la défendent.
Dans un discours ferme, Bahati Lukwebo a dénoncé ce qu’il considère comme des discours opportunistes autour de la révision constitutionnelle, appelant à protéger la rigueur scientifique et le sérieux du débat public. En des termes à peine voilés, il a même fait front contre certains de ses collègues universitaires qu’il accuse d’inconstance intellectuelle, visant notamment André Mbata, secrétaire permanent de l’USN et aujourd’hui défenseur de la révision constitutionnelle alors qu’il s’y opposait hier ; ainsi que Évariste Boshab, ancien ténor de la majorité kabiliste qui avait, sous le régime de Joseph Kabila, publié un ouvrage plaidant pour une modification de la Constitution afin de lui ouvrir la voie à un troisième mandat.
Ces figures, pourtant issues du même monde académique que lui, sont celles que Bahati Lukwebo n’hésite pas à qualifier de « courtisans », dénonçant ce qu’il perçoit comme une instrumentalisation de la science et du droit constitutionnel au gré des conjonctures politiques.
Dans la suite de son intervention, tout en déclarant avoir déjà dit au Chef de l’État que le pays n’a pas un problème de textes mais d’hommes, Bahati Lukwebo a insisté sur la nécessité de préserver la crédibilité intellectuelle et d’aborder toute question constitutionnelle dans un cadre de consultation sérieux au sein de la famille politique, loin des déclarations improvisées devant caméras et microphones.
EXTRAIT DE LA DÉCLARATION DE BAHATI LUKWEBO SUR LA RÉVISION CONSTITUTIONNELLE
Moi, je dis que ça, c’est leur position à eux, c’est leur souhait. Lorsqu’ils disent que le Président n’a pas de mandat, le Président a une mission et une dignité; moi je dis que ça engage leur responsabilité.
Moi je suis républicain, je sais que le Président a un mandat jusqu’en 2028. La suite, nous allons l’examiner, mais pour le moment, le Président lui-même reste républicain et respectueux.
La Constitution, c’est la base de la légalité de toute action en République démocratique du Congo.
Donc, il ne faut pas suivre les courtisans. Parmi ces courtisans, il y a même des collègues, des professeurs (…)
Je viens de le dénoncer le samedi passé. Nous avons dénoncé ce comportement-là des collègues. C’est-à-dire que vous pouvez chercher l’amour, vous pouvez chercher à manger, vous pouvez tout chercher, mais la science doit être protégée. C’est ça, le centre de la nation.
Quand on aime son chef, on lui dit la vérité. Et j’ai eu à lui dire à maintes reprises que le pays n’a pas un problème de texte, le pays a un problème d’ordre. Ils doivent appliquer ou se conformer au texte qui existe.
Nous disons que ceux qui ont des préoccupations qui concernent la Constitution, qu’ils viennent consulter autour d’une table et qu’on en parle. Il ne suffit pas de bénéficier de la caméra ou d’un micro d’un journaliste pour commencer à dire que la Constitution ne peut pas dépasser 17 ans.
C’est l’idée de la théorie scientifique. Quelqu’un d’autre disait ici que même des gens âgés de 60 ans, de 50 ans, font preuve d’immaturité dans leur gestion. Alors, si ceux qui ont 50 ou 60 ans ne sont pas matures, vous voulez qu’une Constitution de 17 ans soit vieille ?
Et surtout, quand je constate que ceux qui se disent géniteurs, ceux qui devaient protéger cette Constitution, ceux qui l’ont vantée contre vents et marées, quelques jours après, ils se réveillent, c’est eux qui disent qu’elle devient mauvaise.
C’est eux qui l’ont vantée contre vents et marées. C’est eux qui l’ont vantée contre vents et marées. C’est eux qui le disent maintenant.

