En mission dans la province du Haut-Katanga, la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat, la professeure Marie Nyange Ndambo, a engagé, le 4 février 2026 à Lubumbashi, une série de consultations stratégiques visant à apporter des réponses durables aux défis environnementaux majeurs de cette région minière.
Au cœur de cette démarche, la lutte contre la pollution minière, la déforestation et les conflits d’usage des terres, dans un contexte marqué par la pression croissante des activités extractives sur les écosystèmes et les communautés locales. La ministre a tenu à placer ces échanges sous le signe de la co-construction, en impliquant à la fois la société civile environnementale et les opérateurs économiques.
Lors de sa rencontre avec les organisations de la société civile du Haut-Katanga, la question de la superposition des titres a été largement débattue, notamment l’empiètement de certaines activités minières sur les Concessions Forestières des Communautés Locales (CFCL). Face à cette situation, Marie Nyange Ndambo a rappelé avec fermeté le cadre légal en vigueur, excluant toute exploitation minière dans les forêts communautaires. Elle a annoncé que le ministre provincial de l’Environnement serait chargé d’entrer en contact avec les entreprises concernées afin de mettre un terme à ces pratiques.
Cette ouverture au dialogue a été saluée par les acteurs de la société civile. Pour Sabin Mande, coordonnateur provincial du GTCR-R, la consultation engagée par la ministre constitue un signal fort en faveur d’une gouvernance environnementale plus inclusive, susceptible de déboucher sur des solutions concrètes intégrant les préoccupations locales.
Par ailleurs, la ministre a abordé la problématique sensible de l’exploitation artisanale du bois rouge, suspendue ces derniers mois. Elle a annoncé l’arrivée prochaine d’une mission technique chargée de discuter avec les acteurs locaux des nouvelles conditions d’exploitation, dans une logique de modernisation et de préservation des intérêts nationaux et des générations futures.
Dans le même esprit, Marie Nyange Ndambo a rencontré les responsables provinciaux de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), avec lesquels elle a échangé sur la responsabilité sociétale et environnementale des entreprises minières. Elle a rappelé que la lutte contre les pollutions récurrentes dans le Haut-Katanga constitue une instruction claire du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et a exhorté les entreprises à investir davantage dans la prévention des impacts environnementaux.
Afin de renforcer l’encadrement du secteur, la ministre a annoncé l’élaboration prochaine de normes environnementales plus strictes, destinées à servir de référence dans la mise en œuvre des études d’impact environnemental validées par l’Agence congolaise de l’Environnement (ACE). Elle a également prévenu que la phase coercitive interviendrait sans complaisance en cas de manquements, affirmant que tout acte criminel contre l’environnement commis par des entreprises minières serait désormais sévèrement sanctionné.
Du côté du secteur privé, la FEC a pris acte de ce message. Son premier vice-président provincial, Guy Kimenyembo Mwanabute, a indiqué que les recommandations de la ministre seraient relayées auprès des membres afin de corriger les insuffisances observées dans l’encadrement des études d’impact environnemental et freiner la dégradation des milieux naturels.
Pour pérenniser cette dynamique, la ministre a enfin annoncé la mise en place d’un cadre de concertation permanent réunissant la FEC, la société civile et les différentes administrations concernées par l’exploitation minière et forestière. Un mécanisme destiné à appuyer l’action du gouvernement et à renforcer la coordination dans la lutte contre les atteintes à l’environnement dans le Haut-Katanga.
Par cette initiative, les autorités congolaises entendent affirmer leur détermination à concilier développement économique, protection des écosystèmes et respect des droits des communautés locales, dans l’une des régions les plus stratégiques du pays.
Yanel Manu

