RDC–FMI : un nouvel accord sur les réformes projette une croissance au-dessus de 5 %

Le Fonds monétaire international (FMI) et le gouvernement de la République démocratique du Congo ont conclu un accord au niveau des services techniques pour la revue de leur programme économique. Les discussions, jugées franches et substantielles, se sont tenues mercredi à la Primature sous la présidence du vice-Premier ministre, ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba.

Des discussions élargies sur la trajectoire économique du pays

La rencontre a réuni une importante délégation gouvernementale composée du vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, du ministre des Finances, Doudou Fwamba, du vice-ministre du Budget, Élisée Bokumwana, et du vice-gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Dieudonné Fikiri.

Côté FMI, la mission était conduite par Calixte Ahokpossi, chef de mission pour la RDC, accompagné du représentant résident, René Tapsoba, et des experts venus de Washington.

Freddy Matungulu, administrateur adjoint représentant un groupe de 24 pays africains au Conseil d’administration du FMI, a également pris part aux échanges.

Résilience macroéconomique et discipline budgétaire saluées

Malgré un environnement international marqué par la volatilité des cours des matières premières et un contexte sécuritaire interne toujours fragile, la performance macroéconomique de la RDC a été jugée encourageante. « Nous avons noté que, malgré un contexte difficile, l’économie congolaise est restée résiliente, avec une croissance attendue à plus de 5 % en 2025 comme en 2026 », a déclaré Calixte Ahokpossi, soulignant les efforts consentis par les autorités congolaises pour maintenir la stabilité.

Les experts du FMI ont salué la consolidation budgétaire amorcée, avec une amélioration du recouvrement des recettes et un meilleur contrôle des dépenses publiques. Cette rigueur, selon eux, a permis de maintenir un certain équilibre macroéconomique, indispensable à la soutenabilité du programme.

Des réformes structurelles à un tournant décisif

Les discussions ont également porté sur l’état d’avancement des réformes structurelles inscrites dans le programme soutenu par le FMI. Ces réformes visent principalement à renforcer la gouvernance économique et la transparence dans la gestion des finances publiques.

Une étape majeure est prévue début 2026 avec la mise en œuvre de la déconcentration de l’ordonnancement dans plusieurs ministères pilotes — une mesure censée accroître la performance de la dépense publique tout en réduisant les lenteurs administratives.

« Pour nous, la gouvernance reste un pilier central. Les réformes dans la gestion des finances publiques doivent continuer à favoriser la transparence et l’efficacité dans l’utilisation des ressources nationales », a insisté M. Ahokpossi.

Étape finale avant l’approbation du Conseil d’administration du FMI

L’accord technique conclu à Kinshasa doit désormais être soumis à la Direction générale du FMI, avant son examen par le Conseil d’administration dans les prochaines semaines. En cas d’approbation, il ouvrirait la voie au décaissement d’une nouvelle tranche d’appui budgétaire et au maintien de la RDC sur la trajectoire de son programme triennal soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC).

Pour les autorités congolaises, cette revue marque une étape importante dans la consolidation des réformes économiques et budgétaires engagées depuis 2021. Elle confirme aussi, selon plusieurs observateurs, la volonté de Kinshasa de préserver un cadre macroéconomique stable tout en poursuivant des ambitions de croissance inclusive dans un contexte géopolitique et sécuritaire encore incertain.

JDW

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