Climat : La COP30 s’ouvre à Belém, la RDC se présente en « poumon essentiel de la planète »

À la veille des grandes négociations climatiques de Belém, la République démocratique du Congo s’avance en acteur clé et pays-solution, forte d’une préparation méticuleuse menée sous la houlette de la ministre de l’Environnement, Marie Nyange Ndambo. Grâce à une coordination nationale sans précédent, matérialisée par la Semaine congolaise du climat, la RDC arrive à la COP30 avec une vision claire, unifiée et ambitieuse : faire reconnaître son rôle vital dans l’équilibre climatique mondial et transformer son immense capital écologique en moteur de développement durable.

La 30ᵉ Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), plus connue sous le nom de COP30, s’est ouverte ce jeudi à Belém, dans le nord du Brésil, sous le signe de l’action et de la justice climatique. Cette édition historique, accueillie au cœur de l’Amazonie, réunit les représentants de 143 pays, dont près de cent chefs d’État et de gouvernement, autour d’un même objectif : réaffirmer l’engagement collectif à limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C et accélérer la mise en œuvre des politiques d’adaptation et de financement climatique.

Une COP décisive pour la planète

Cette COP30, qui se tiendra du 10 au 21 novembre 2025, intervient dans un contexte mondial marqué par des dérèglements climatiques de plus en plus extrêmes et des tensions autour du financement de la transition écologique. Les débats porteront sur la réduction des émissions, la transition énergétique juste, la protection des forêts tropicales et le renforcement de la solidarité Nord-Sud en matière de financement climatique.

La présidence brésilienne, qui souhaite faire de cette édition une « COP de l’action », a placé la préservation des forêts et des peuples autochtones au cœur des discussions.

La RDC, un acteur central dans la régulation du climat mondial

Présente à Belém, la République démocratique du Congo se positionne une fois de plus comme un “pays-solution” dans la lutte contre le changement climatique.

Conduite par le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, la délégation congolaise va faire entendre une voix forte en faveur d’une justice climatique équitable, fondée sur la reconnaissance du rôle écologique majeur que joue la RDC.

Avec ses 145 millions d’hectares de forêts — soit 62 % du bassin du Congo — et ses vastes tourbières, la RDC est au cœur de la régulation du climat mondial. Ses écosystèmes absorbent des milliards de tonnes de carbone chaque année, faisant du pays un poumon écologique essentiel pour la planète.

« Sans la RDC, il n’y a pas de victoire possible contre le changement climatique », avait déjà déclaré la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat, Marie Nyange Ndambo, lors de la Semaine nationale du climat à Kinshasa.

Une préparation nationale structurée en amont de la COP30

La participation de la RDC à cette COP est le fruit d’un long processus de préparation, coordonné par le ministère de l’Environnement sous l’impulsion du président Tshisekedi et du gouvernement Suminwa.

En octobre, le pays a, en effet, organisé pour la première fois la Semaine nationale congolaise du climat, une initiative destinée à unifier la position nationale avant les négociations internationales.

Pendant quatre jours, experts, ministères, société civile, secteur privé et partenaires techniques se sont réunis pour formuler les priorités congolaises, à savoir :

  • La défense du statut de pays-solution,
  • La valorisation du programme “La Forêt, c’est nous”,
  • La transformation de l’économie du climat en moteur de développement,
  • Et la mise en œuvre de l’article 6 de l’Accord de Paris, clé pour l’accès aux financements carbone.

Cette semaine d’échanges a débouché sur la création d’un cadre national de concertation technique, un mécanisme permanent de dialogue entre les parties prenantes pour assurer la cohérence et la continuité de la politique climatique nationale.

Des programmes structurants pour concrétiser les engagements

Dans sa stratégie climatique, la RDC mise sur deux programmes phares :

  • Le Couloir vert Kivu–Kinshasa, destiné à reconnecter écologiquement l’Est et l’Ouest du pays à travers des projets d’agroforesterie, d’énergie propre et de mobilité durable ;
  • Et le programme « La Forêt, c’est nous », qui vise à restaurer et valoriser les forêts congolaises tout en créant des emplois verts et en soutenant les communautés locales et autochtones.

Ces initiatives s’inscrivent dans la poursuite de l’objectif mondial 30×30, qui vise à protéger 30 % des terres et océans d’ici 2030.

Vers une diplomatie climatique proactive

La ministre Marie Nyange Ndambo a confirmé que la délégation congolaise portera à Belém une position ferme et coordonnée sur plusieurs dossiers :

  • la gouvernance du marché du carbone,
  • la mobilisation des financements climatiques,
  • la protection des forêts du bassin du Congo,
  • et la coopération Sud-Sud notamment à travers l’adhésion de la RDC à l’initiative Tropical Forest Forever Facilities (TFFF) lancée par le Brésil.

« Le monde doit comprendre que la RDC est prête pour l’action, mais elle ne peut agir seule. La solidarité internationale doit désormais se traduire en engagements concrets », a-t-elle insisté.

Belém : une tribune mondiale pour l’Afrique verte

À Belém, le président Tshisekedi devrait défendre la voix du bassin du Congo, tout en plaidant pour un nouveau pacte climatique plus équitable.

La RDC compte profiter de cette tribune mondiale pour attirer les investissements verts, promouvoir ses programmes de séquestration carbone et réaffirmer son rôle de pays-leader de la transition écologique africaine.

Alors que la planète se réunit à Belém pour repenser son avenir climatique, la RDC, forte de son patrimoine naturel et de sa vision, entend passer du statut de victime à celui d’acteur moteur de la solution climatique mondiale.

Albert Osako

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