Coup de tonnerre au Palais du peuple. La pétition qui devait marquer un pas décisif dans la campagne visant la déchéance du Président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, et de la quasi-totalité de son Bureau, se retrouve gravement compromise. En cause : la découverte, par la Commission temporaire chargée de l’examiner, de graves irrégularités assimilables à une véritable fraude parlementaire.
Les constats sont sans appel et portent notamment sur des actes de fraudes aux signatures, de signataires fantomatiques et autres formes de ce qui a tous les atours d’une grossière tricherie.
Par exemple, la découverte de ce faux député, Patrick Mulumba Kanyinda, censé avoir signé la pétition contre @VitalKamerhe1. Derrière ce nom se cache en réalité le coordonnateur de la cellule de communication du CRD, parti politique du 2ème vice-Président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso, qui se trouve être le seul membre du bureau épargné par la vague des pétitions.

Actuellement, Kanyinda officie au cabinet du ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Tanda, ancien directeur de cabinet de Mboso. Une infiltration digne d’un stratagème politique qui jette un doute sérieux sur la sincérité de l’initiative contre le Président de la chambre basse.


Mulumba Kanyinda n’est pas le seul cas de fraude. La Commission a également décelé les anomalies concernant Titan KALONJI Antoine, dont le nom figure sur la pétition sans signature, et MULAMBA MANDE Jerry, dont la signature apparaît à deux reprises sur des pages différentes et avec des variations dans l’orthographe.
À ces irrégularités s’ajoutent un lot d’au moins 25 autres signatures falsifiées, révélant un niveau de fraude généralisée qui compromet gravement la pétition.
Fraus omnia corrumpit
Ces irrégularités portent un coup fatal à la crédibilité de la démarche. En droit, en effet, le principe « fraus omnia corrumpit » – la fraude corrompt tout – stipule qu’un acte frappé de falsification perd toute valeur. La pétition, en l’état, est donc juridiquement et politiquement compromise, incapable de prospérer sans risquer de ternir la légitimité de l’Assemblée nationale.
Vers un rejet inévitable ?
La Commission spéciale devrait recommander l’irrecevabilité pure et simple de la pétition. Certains députés exigent déjà que des sanctions disciplinaires et judiciaires soient envisagées contre les initiateurs de ces pétitions, accusés d’avoir porté atteinte à la dignité et à la crédibilité du Parlement.
Un tournant décisif dans la campagne
Ce scandale marque, par ailleurs, un tournant majeur : ce qui devait apparaître comme une démonstration de force politique contre Vital Kamerhe et son Bureau se retourne contre ses initiateurs. L’opération de déchéance, présentée comme imminente, est désormais fragilisée, et l’équilibre des rapports de force à l’hémicycle pourrait s’en trouver profondément bouleversé dans cette confrontation.
L’Assemblée nationale dans une épreuve existentielle
L’enjeu dépasse la querelle politique. En tolérant ou en sanctionnant ces pratiques, l’Assemblée nationale joue sa crédibilité aux yeux des Congolais. Sa réaction déterminera si elle demeure garante de l’éthique parlementaire ou si elle sombre dans le discrédit.
En tout état de cause, la pétition apparaît aujourd’hui gravement compromise, marquant un tournant décisif dans la bataille politique autour de Vital Kamerhe et de la quasi-totalité de son Bureau.
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