KANANGA, KASAÏ CENTRAL — Troisième session du COPIL RN1 : le gouvernement verrouille les délais et accélère le chantier Kamwesha-Mbulungu-Kananga

Le gouvernement congolais passe la vitesse supérieure sur la RN1. Réuni dimanche 20 septembre à Kananga, le Comité de pilotage (COPIL) du projet de réhabilitation du tronçon Kamwesha-Mbulungu-Kananga a sonné la mobilisation générale : contrats de performance, 30 nouveaux camions, 800 emplois et un pont flambant neuf. Objectif affiché : transformer les 139 kilomètres de cette route en véritable « corridor de croissance » pour le Grand Kasaï.

C’est sous la présidence du ministre des Infrastructures et Travaux Publics, John Banza Lunda, et en présence du gouverneur du Kasaï Central, Joseph Moïse Kambulu N’konko, ainsi que du tout nouvel ambassadeur de l’Union européenne en RDC, Douglas Daruis Carpenter, que les grands acteurs du chantier ont posé leurs jalons.

Autour de la table : responsables d’entreprises d’exécution, bureaux de contrôle et parlementaires nationaux et provinciaux.

Le message : plus de temps à perdre.

Un contrat de performance « contraignant » pour chaque intervenant

Première décision forte de cette troisième session : la fixation d’un contrat de performance strict, assorti d’une feuille de route contraignante, pour chaque partie prenante.

Fini les retards et les approximations. L’État entend maintenir « un niveau d’exigence élevé » pour accélérer les travaux, sans sacrifier la qualité ni la viabilité à long terme de l’ouvrage.

Le suivi sera double : citoyen et institutionnel, sous l’impulsion directe du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et la supervision du gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.

Du béton et des chiffres

Sur le terrain, les résultats commencent à se voir. Le lot 1 Kamwesha-Bulungu (77 km) enregistre la mise en service du nouveau pont sur la rivière Kaluebo, la pose de la couche de base sur 46 km et un enrobé finalisé sur 43 km.

Sur la tranche additionnelle de 31 km entre Tshimangaluu (PK 44) et Bulungu (PK 75), les terrassements sont pratiquement achevés jusqu’au PK 60.

Pour soutenir ce rythme, 30 nouveaux camions viennent d’être acheminés sur le chantier.

800 emplois directs, un transfert de compétences assumé

Le projet n’est pas qu’une affaire de béton. Pas moins de 800 emplois directs ont été créés sur l’ensemble du chantier, soit environ 400 travailleurs par lot, recrutés en majorité dans les provinces du Kasaï et du Kasaï Central.

À cela s’ajoute un volet formation : environ 80 experts expatriés œuvrent au transfert de compétences au profit des ingénieurs et cadres congolais. Un investissement humain qui, selon les autorités, doit perdurer bien après le dernier kilomètre d’asphalte.

Les défis ne sont pas éludés

Le COPIL ne s’est pas contenté de célébrer les avancées. Quatre obstacles majeurs ont été identifiés : le dédouanement aux ports, l’approvisionnement en carburant, les contraintes géotechniques et la gestion de la saison des pluies.

Bonne nouvelle toutefois : dans le cadre de l’assouplissement des mesures douanières, les détails techniques sur les conteneurs transportant les matériels du chantier sont attendus dès ce lundi. Une étape clé qui devrait déclencher, en concertation avec le ministre des Finances, certaines exonérations très attendues.

Vers une gouvernance durable du corridor

Dernier chantier, et non des moindres : l’ouverture d’un dialogue sur la gouvernance future du corridor. Sécurité routière, contrôle du pesage, budgétisation de l’entretien…

Autant de questions stratégiques pour éviter que l’investissement ne s’effrite avec le temps. Car au-delà des 139 km de bitume, c’est bien l’économie locale et les chaînes de valeur du Grand Kasaï que l’État entend stimuler, « au profit direct de la population ».

À Kananga, l’heure n’est plus aux promesses, mais aux engins qui grondent. Reste à savoir si la feuille de route contraignante résistera à la saison des pluies — et aux lenteurs administratives.

Albert Osako

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