ENGIP-RDC : après la récupération des actifs de FINA, la phase opérationnelle démarre

L’Entreprise Nationale de Gestion des Infrastructures Pétrolières (ENGIP-RDC) s’apprête à faire son entrée en phase opérationnelle. Créée en janvier 2026, après la récupération par l’État congolais des actifs de FINA Log, la société publique avait consacré ses premiers mois à poser les bases de son fonctionnement. « Nous avons travaillé d’arrache-pied pour bâtir un cadre organique solide et définir un budget réaliste. Aujourd’hui, nous sommes prêts à passer à l’action », confie un membre du comité de gestion.

Le 31 décembre 2025 avait marqué un tournant historique : la fin de la concession FINA Log et le retour dans le giron national du pipeline Matadi–Kinshasa, des stations de pompage et des dépôts pétroliers. Ces infrastructures, vieilles de plus de 70 ans, sont désormais sous contrôle congolais.

Un patrimoine stratégique désormais congolais

  • Pipelines PL46 et PL66 : 332 km de tracé entre Matadi et Kinshasa, diamètre de 6 pouces, capacité de 50 à 65 m³/h.
  • Volume mensuel maximal : 100 000 m³.
  • Stations et dépôts : intégrés au corridor logistique.
  • Gestion : ENGIP-RDC propriétaire, SEP Congo opérateur technique.

« C’est une victoire symbolique pour la souveraineté énergétique du pays. Le pipeline Matadi–Kinshasa est désormais propriété 100 % congolaise », commente un expert en énergie basé à Kinshasa.

Les enjeux de la nouvelle ère

La montée en puissance d’ENGIP-RDC intervient alors que les infrastructures existantes sont proches de la saturation. En 2025, plus d’un million de m³ de produits pétroliers ont transité par le pipeline. Les coûts logistiques, eux, représentent jusqu’à 30 % du prix final des carburants.

Pour relever ces défis, ENGIP-RDC affiche une feuille de route ambitieuse :

  • Audit patrimonial pour mesurer l’état réel des installations et définir les investissements nécessaires.
  • Modernisation avec la construction d’un nouveau pipeline de 12 pouces.
  • Sécurité énergétique renforcée pour Kinshasa et la région, sachant que 80 % du carburant destiné à la RCA passe par ce corridor.

« Nous devons moderniser rapidement. Les infrastructures actuelles sont au bord de la saturation. Le nouveau pipeline de 12 pouces est une nécessité, pas une option », insiste un ingénieur du secteur pétrolier.

Une étape symbolique pour la souveraineté énergétique

La récupération des actifs de FINA Log et l’entrée en scène d’ENGIP-RDC traduisent une volonté claire : reprendre la main sur un patrimoine stratégique longtemps confié à des opérateurs étrangers.

« C’est un signal fort envoyé au marché et aux partenaires internationaux. L’État congolais reprend le contrôle d’un outil vital pour son économie », analyse un économiste congolais.

La phase opérationnelle qui s’ouvre n’est pas qu’un jalon administratif. Elle marque l’arrivée d’un acteur appelé à sécuriser l’approvisionnement énergétique du pays et à préparer la modernisation d’un système vital pour l’économie nationale.

JEK

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