Hydrocarbures : La RDC valide l’avant-projet de loi sur le GPL, une avancée décisive vers la transition énergétique

La République démocratique du Congo a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de transition énergétique avec la validation nationale de l’avant-projet de loi sur le gaz de pétrole liquéfié (GPL), un texte appelé à restructurer entièrement la filière du gaz domestique et à soutenir la lutte contre la déforestation.

Réunis à Kinshasa les 17 et 18 septembre 2026, les représentants de l’administration publique, du secteur privé, de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers ont participé à l’atelier national de validation de l’avant-projet de loi relatif au GPL.

Organisée par le ministère des Hydrocarbures, à travers son Secrétariat général, cette rencontre a bénéficié de l’appui technique et financier de la Banque mondiale, à travers l’UC-PIF et le PIFORES, ainsi que du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Cette validation constitue l’aboutissement d’un important travail technique engagé dans le cadre des réformes du secteur énergétique congolais et marque une avancée significative vers l’adoption de la première législation spécifiquement consacrée au GPL en RDC.

Une réforme au cœur de la transition énergétique

Pour les autorités congolaises, l’enjeu dépasse largement l’organisation d’un simple segment du secteur des hydrocarbures.

La réforme s’inscrit dans une vision plus large visant à promouvoir des sources d’énergie modernes et à réduire progressivement la dépendance des ménages au charbon de bois et au bois de chauffage, qui demeurent aujourd’hui les principales sources de cuisson dans le pays.

Face à une pression croissante exercée sur les ressources forestières, le gouvernement considère en effet le GPL comme un instrument stratégique de transition énergétique. L’objectif est d’offrir aux ménages une alternative plus propre, plus efficace et moins dommageable pour l’environnement.

« Le pays a besoin d’un cadre légal moderne permettant de réglementer et d’encadrer le développement de cette filière », a souligné un participant aux travaux, rappelant que le secteur souffrait jusqu’à présent d’un vide réglementaire limitant son expansion.

Une réforme soutenue par les partenaires au développement

L’adoption de cette législation figure également parmi les réformes soutenues dans le cadre du dialogue entre la RDC et ses partenaires internationaux. Selon les organisateurs, le secteur du GPL constitue l’un des domaines identifiés dans le processus d’appui budgétaire accompagné par la Banque mondiale.

Une loi qui restructure toute la chaîne de valeur du GPL

L’une des principales innovations de l’avant-projet réside dans son approche intégrée de la filière.

Le texte encadre l’ensemble des activités liées au GPL, depuis la production jusqu’à la commercialisation et à l’exportation, en passant par le stockage, le transport et la distribution.

Pour les rédacteurs du projet, l’ambition est claire : permettre à la RDC de ne plus se limiter à un rôle de marché d’importation, mais de créer les conditions favorables au développement d’une industrie nationale du GPL fondée sur les ressources disponibles et sur l’investissement privé.

Le futur cadre juridique introduit notamment : un régime fiscal incitatif destiné à attirer les investisseurs ; la création d’une autorité de régulation spécialisée ; un dispositif de contrôle renforcé ; un régime de sanctions plus robuste ; une clarification des responsabilités des différents acteurs de la chaîne de valeur et des mécanismes destinés à garantir la sécurité et la qualité des opérations dans la filière.

Les participants ont estimé que ces innovations permettront de combler les insuffisances observées dans les textes existants et d’apporter davantage de visibilité aux investisseurs.

Lutter contre la déforestation

La dimension environnementale demeure l’un des principaux moteurs de cette réforme.

Les autorités rappellent que la consommation de bois-énergie constitue aujourd’hui l’un des principaux facteurs de déforestation en RDC, juste après l’expansion agricole.

En favorisant l’usage du GPL à grande échelle, le gouvernement espère réduire progressivement la demande en charbon de bois et en bois de chauffe, particulièrement dans les grandes agglomérations urbaines où la pression sur les écosystèmes forestiers continue de s’intensifier.

Cette stratégie s’inscrit dans les engagements nationaux en matière de gestion durable des ressources naturelles et de lutte contre les changements climatiques.

Un enjeu sanitaire et économique

Au-delà des considérations environnementales, la réforme poursuit également des objectifs sanitaires.

L’utilisation du bois de chauffage dans les espaces domestiques expose les ménages à des émissions de fumée susceptibles de provoquer diverses maladies respiratoires. Le développement du GPL doit ainsi contribuer à améliorer les conditions de vie de millions de familles congolaises.

Les autorités misent aussi sur les retombées économiques de la future filière. En effet, le développement des activités de production, de transport, de stockage et de distribution devrait favoriser la création d’emplois, stimuler les investissements privés et générer de nouvelles recettes pour l’économie nationale.

Dernière ligne droite avant le Parlement

À l’issue de l’atelier de validation, la prochaine étape consistera à transmettre l’avant-projet de loi au gouvernement par l’entremise de la ministre d’État en charge des Hydrocarbures.

Le texte sera ensuite soumis à l’examen du Parlement. En cas d’adoption par les deux chambres, il devra être promulgué par le Président de la République avant son entrée en vigueur.

Pour les participants, cette séquence marque l’entrée de la RDC dans la phase finale d’un processus juridique appelé à transformer durablement le paysage énergétique national. Avec cette future loi sur le GPL, Kinshasa entend non seulement organiser une filière économique stratégique, mais aussi faire du gaz domestique l’un des principaux instruments de sa politique de protection des forêts, d’amélioration de la santé publique et de modernisation énergétique.

Jonas Eugène Kota

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