Pont route-rail Kinshasa-Brazzaville : John Banza Lunda annonce le lancement des travaux en juin 2027

Le projet de pont route-rail entre Kinshasa et Brazzaville passe à une nouvelle étape avec la signature, vendredi dernier, d’un protocole d’accord entre la République démocratique du Congo, la République du Congo et Africa50, plateforme d’investissement dédiée aux infrastructures. Selon le ministre congolais des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, le calendrier prévoit le lancement officiel des travaux en juin 2027, en présence des deux chefs d’État.

Longtemps envisagée comme un levier de rapprochement entre les deux capitales les plus proches du monde, séparées par le fleuve Congo, cette infrastructure ambitionne de transformer les échanges entre les deux pays en facilitant le transport des personnes et des marchandises.

Un ouvrage multimodal de près de 1,8 kilomètre

Le projet prévoit la construction d’un pont d’environ 1 757 mètres, destiné à relier directement les deux rives du fleuve Congo. Sa conception repose sur une infrastructure multimodale associant une route à deux fois deux voies, une voie ferrée et des passages réservés aux piétons.

Le dispositif intégrera également des postes de contrôle frontaliers à guichet unique, afin de simplifier les formalités de passage et de fluidifier la circulation entre les deux pays.

Au-delà de sa fonction de liaison physique, l’ouvrage doit contribuer à améliorer la chaîne logistique entre Kinshasa et Brazzaville, en réduisant les contraintes liées au franchissement du fleuve et en offrant une capacité de transport complémentaire aux moyens existants.

Plus de trois millions de tonnes de marchandises attendues par an

Les projections avancées pour le projet tablent sur un trafic de plus de trois millions de tonnes de marchandises par an. Cette capacité attendue donne la mesure de son potentiel pour les échanges commerciaux, l’approvisionnement des marchés et le développement des activités économiques de part et d’autre du fleuve.

Pour la RDC et la République du Congo, l’enjeu est de renforcer l’intégration de leurs économies en facilitant la circulation des biens, des voyageurs et des opérateurs économiques. Le volet ferroviaire pourrait, en particulier, élargir les possibilités de transport de marchandises, tandis que les infrastructures routières doivent améliorer les connexions avec les réseaux nationaux.

La réalisation effective de ces gains dépendra toutefois de la qualité des raccordements aux routes et aux chemins de fer existants, ainsi que de l’efficacité des dispositifs douaniers et frontaliers prévus.

Africa50 dans le développement du projet

La signature du protocole d’accord avec Africa50 marque une étape dans le développement de cette infrastructure. La plateforme, spécialisée dans l’investissement dans les infrastructures africaines, est associée aux deux États dans la préparation du projet.

Le calendrier annoncé fixe désormais juin 2027 comme échéance pour le lancement officiel des travaux par les deux chefs d’État. Cette date constitue un jalon de mise en œuvre ; elle ne signifie pas que l’ouvrage sera achevé à cette échéance.

Le défi sera donc de faire converger les exigences techniques, les arrangements financiers et les mécanismes de coopération entre les deux pays pour passer de la préparation à l’exécution.

Un projet à portée régionale

En reliant directement Kinshasa à Brazzaville par une infrastructure combinant route et rail, le projet dépasse le seul enjeu de mobilité entre les deux capitales. Il porte l’ambition d’intensifier les échanges commerciaux, d’améliorer la logistique transfrontalière et de consolider les liens économiques entre les deux Congo.

Sa portée régionale dépendra aussi de sa capacité à s’intégrer aux corridors de transport et aux réseaux de distribution qui desservent les grands centres de consommation et de production.

Pour John Banza Lunda, l’échéance de juin 2027 place ainsi le projet devant une étape déterminante : convertir un engagement bilatéral en chantier concret.

La signature du protocole ouvre cette nouvelle séquence, mais la réussite du pont route-rail se mesurera, à terme, à sa capacité à faciliter les échanges, à réduire les coûts logistiques et à renforcer durablement l’intégration économique entre les deux pays.

Albert Osako

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