La menace d’un ravin qui mettait en péril des infrastructures essentielles à Tshumbe, dans le Sankuru, semble désormais sous contrôle. Reçu mardi par le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, l’évêque du diocèse de Tshumbe, Mgr Nicolas Djomo, est venu porter la gratitude des populations de Lubefu pour une intervention qu’il décrit comme particulièrement rapide.
Au cœur de cette démarche : un site érosif qui évoluait depuis près de trois ans et dont la progression faisait peser un risque direct sur des infrastructures vitales, notamment l’hôpital local et plusieurs établissements scolaires.
Face à cette menace, un ouvrage a été réalisé sur la rivière Lokombe afin de contenir les eaux et de stabiliser le site.
Pour les populations concernées, cette intervention constitue surtout un soulagement, après plusieurs années d’inquiétude.
« Aussitôt dit, aussitôt fait »
À l’issue de son entretien avec le ministre John Banza Lunda, Mgr Nicolas Djomo a particulièrement insisté sur la rapidité de la réponse apportée à l’alerte. Selon l’évêque, lorsqu’il avait saisi le ministère au sujet du ravin, le ministre lui avait indiqué connaître le site et avoir identifié son niveau de dangerosité.
Le dossier aurait alors été classé parmi les dix sites érosifs considérés comme les plus urgents et dangereux du pays.
« Le ministre m’avait rassuré en me disant qu’il connaissait parfaitement ce ravin. Sur instruction du Chef de l’État, la décision a été prise d’engager un financement d’urgence », a rapporté Mgr Djomo.
Les instructions auraient ensuite été transmises au directeur provincial de l’Office des Routes à Lodja. Selon le prélat, les fonds ont été mobilisés rapidement, permettant le démarrage des travaux.
C’est cette chaîne de décision et d’exécution que l’évêque résume par une formule : « Aussitôt dit, aussitôt fait. »
Une intervention qui change la perception du terrain
Au-delà de l’ouvrage réalisé, l’épisode de Tshumbe illustre l’un des enjeux récurrents des infrastructures dans les provinces enclavées : la capacité de l’État à intervenir avant qu’une dégradation ne se transforme en catastrophe.
À Tshumbe, la progression du ravin menaçait directement des équipements fréquentés quotidiennement par la population. La stabilisation du site permet donc de préserver non seulement des infrastructures publiques, mais également la continuité des services qu’elles abritent.
Pour Mgr Nicolas Djomo, l’intervention a suscité un sentiment de soulagement parmi les habitants, qui souhaitent désormais recevoir le ministre John Banza Lunda sur place afin de lui exprimer directement leur reconnaissance.
Cette invitation traduit aussi une attente : celle de voir l’intervention d’urgence constituer le point de départ d’un suivi plus durable des infrastructures et des phénomènes d’érosion qui affectent plusieurs localités de l’intérieur du pays.
À travers Tshumbe, c’est ainsi une autre dimension de la politique infrastructurelle qui apparaît : au-delà des grands corridors et des chantiers visibles, la capacité à répondre rapidement aux urgences locales devient elle aussi un indicateur de l’efficacité de l’action publique.

