RDC : La plateforme Sauvons la RDC de Joseph Kabila pose sept conditions pour participer au dialogue

La plateforme « Sauvons la RDC » de l’ancien président Joseph Kabila a fixé ses conditions pour prendre part à un éventuel dialogue national destiné à tenter de sortir la République démocratique du Congo de sa crise politique et sécuritaire. Dans une déclaration publiée le 29 août 2026, le mouvement énumère sept exigences qu’il présente comme des préalables à sa participation aux assises.

Au cœur de cette position figurent notamment la neutralité de la médiation, l’inclusivité du processus, la tenue du dialogue à l’étranger, ainsi que la mise en œuvre de mesures de décrispation politique avant son ouverture.

Une médiation sous garantie africaine et internationale

La première condition concerne le cadre de facilitation. Sauvons la RDC réclame une médiation neutre, indépendante et impartiale, chargée de préparer et de conduire le dialogue.La plateforme souhaite que ce processus bénéficie de l’appui de l’Union africaine et des Nations unies, afin, selon sa position, de garantir la crédibilité et l’impartialité des discussions.

Aucune exclusion des protagonistes

Deuxième exigence : le caractère véritablement inclusif du dialogue.

Sauvons la RDC demande que toutes les parties prenantes à la crise congolaise soient conviées aux discussions, sans exclusion et sans conditions de participation définies de manière sélective. Pour la plateforme, le dialogue ne pourrait donc être considéré comme représentatif que s’il réunit l’ensemble des acteurs concernés par la crise.

Un dialogue hors de Kinshasa

La troisième condition porte sur le lieu des négociations. La plateforme de Joseph Kabila estime que les assises ne devraient pas se tenir à Kinshasa, mais dans un pays tiers. L’objectif est de créer un environnement permettant à tous les participants de prendre part aux travaux dans des conditions de sécurité et de liberté.

Cette exigence vise également à placer les différentes parties sur un pied d’égalité durant les discussions.

Aborder les causes profondes de la crise

Sauvons la RDC réclame, en quatrième lieu, que le dialogue puisse examiner l’ensemble des causes de la crise congolaise, sans tabou.

Le mouvement demande que l’ordre du jour, le calendrier et les termes de référence du dialogue soient préalablement adoptés par consensus entre les parties prenantes. Il entend ainsi éviter que les discussions soient limitées à certains aspects de la crise ou orientées autour d’un agenda préétabli par l’une des parties.

Des décisions contraignantes et conformes à la Constitution

Cinquième condition : les résolutions issues du dialogue doivent, selon Sauvons la RDC, avoir un caractère souverain et contraignant pour les parties participantes.

La plateforme exige également que ces décisions soient conformes à la Constitution, en particulier aux dispositions relatives à la limitation du nombre de mandats présidentiels.

Cette référence constitutionnelle intervient alors que les débats politiques en RDC restent marqués par les interrogations autour de l’avenir des institutions et de la Constitution.

La décrispation politique comme préalable

La sixième exigence est la plus détaillée. Sauvons la RDC réclame un ensemble de mesures de décrispation politique avant l’ouverture du dialogue.

La plateforme demande notamment la libération des prisonniers politiques et d’opinion, la fin de ce qu’elle qualifie d’« instrumentalisation de la justice » et de la répression politique, ainsi que le retour des exilés.

Elle réclame également la levée des restrictions visant les partis politiques et un accès équitable aux médias publics.

À cette liste s’ajoute une demande particulièrement sensible : l’abandon définitif de tout projet de référendum visant à modifier ou à remplacer la Constitution avant l’ouverture du dialogue.

Un mécanisme international pour garantir l’application

Enfin, la septième condition porte sur l’après-dialogue. Sauvons la RDC propose la mise en place d’un mécanisme international de suivi et d’application associant des institutions africaines et internationales.

Ce dispositif aurait pour mission de surveiller l’exécution effective des résolutions et des engagements pris par les participants et d’en garantir la mise en œuvre.

Une participation conditionnée à un cadre précis

À travers ces sept conditions, la plateforme Sauvons la RDC fixe donc un cadre précis à sa participation à un éventuel dialogue national. Ses exigences portent à la fois sur la préparation des assises, leur lieu, leur représentativité, leur agenda, les garanties politiques préalables et le mécanisme chargé d’assurer l’application des décisions.

La déclaration du 1er août place ainsi la question des garanties au centre de la position du camp de Joseph Kabila, à l’heure où l’idée d’un dialogue politique demeure au cœur des discussions sur une sortie de crise.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *