Le secteur des télécommunications en République Démocratique du Congo bénéficie d’une impulsion majeure. La firme Eastcastle Infrastructure DRC, actrice clé des infrastructures passives, a obtenu un prêt de 32,8 millions de dollars pour la construction de 728 nouvelles tours, une opération qui s’inscrit dans une stratégie plus large visant à désenclaver numériquement le pays.
Ce financement, accordé par le Fonds pour les infrastructures émergentes d’Afrique et d’Asie (EAAIF) – une société du PIDG gérée par Ninety One – s’intègre dans une facilité élargie de 179 millions de dollars. L’objectif est de booster le réseau actif de l’opérateur, qui passera de 1 072 à 1 800 sites.
Concrètement, 70 % de ces nouveaux pylônes seront implantés dans des zones rurales et sous-connectées, ciblant ainsi les principaux déserts numériques du pays.
Un marché en pleine effervescence
Eastcastle Infrastructure Ltd n’est pas seul sur ce créneau. Elle évolue aux côtés de concurrents de taille comme Helios, qui dispose déjà de plus de 2 500 antennes, ou encore Esengo Towers, une joint-venture 50-50 entre Orange et Vodacom, qui prévoit un projet de 2 000 tours.
Par ailleurs, le Fonds de développement du service universel (FDSU) a récemment signé des conventions avec les quatre opérateurs mobiles (Vodacom, Airtel, Africell et Orange) pour la construction d’au moins 40 tours supplémentaires en zones périurbaines et rurales.
Un déficit structurel persistant
Malgré ces annonces, la RDC affiche un retard considérable en matière d’infrastructures passives. Le pays a besoin d’au moins 30 000 pylônes pour couvrir ses besoins, mais on en dénombre actuellement moins de 5 500. Avec les nouvelles constructions, ce chiffre pourrait dépasser les 6 200, réduisant le déficit de 24 000 à environ 23 800 unités.
Ce manque d’infrastructures se traduit par une pénétration d’internet mobile estimée à seulement 17 %, avec un ratio d’une tour pour 15 000 à 20 000 habitants, contre une pour 600 aux États-Unis.
Au-delà de l’expansion, ce projet prévoit l’installation de panneaux solaires et de batteries lithium sur les nouveaux sites. Cette initiative vise à améliorer l’efficacité énergétique, à réduire la dépendance au réseau électrique national défaillant et à diminuer la consommation de diesel. Comme le souligne Peter Lewis, co-fondateur d’Eastcastle, cette collaboration avec l’EAAIF permet de résoudre le goulot d’étranglement critique des infrastructures en RDC tout en promouvant une connectivité durable et économe en énergie.
JEK

