Le Gouvernement congolais salue la perspective de prolongation de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) et entend mettre à profit cette fenêtre supplémentaire pour renforcer la capacité des producteurs et exportateurs congolais à accéder au marché américain.
Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, considère cette perspective comme une opportunité importante pour la RDC, dont les entreprises cherchent à diversifier leurs débouchés et à accroître la part des produits « Made in DRC » dans les échanges internationaux.
Le projet de loi actuellement inscrit dans le processus législatif américain, H.R. 6500 – AGOA Extension Act, prévoit de prolonger jusqu’au 31 décembre 2028 les préférences commerciales accordées aux pays d’Afrique subsaharienne éligibles. Le texte a été adopté par la Chambre des représentants le 12 janvier 2026 avant d’être transmis au Sénat, où il a été inscrit au calendrier législatif en février.
L’AGOA accorde, sous certaines conditions, un accès préférentiel au marché américain à des produits originaires des pays bénéficiaires d’Afrique subsaharienne. Le dispositif constitue depuis 2000 l’un des principaux instruments de la politique commerciale américaine envers l’Afrique.
Le projet de prorogation prévoit notamment de maintenir ces préférences jusqu’à fin 2028.
Transformer l’accès au marché en véritable capacité d’exportation
Pour la RDC, l’enjeu ne réside toutefois pas uniquement dans la disponibilité d’un régime tarifaire préférentiel. Il consiste surtout à être en mesure de fournir au marché américain des produits compétitifs, conformes aux exigences internationales et disponibles en quantités régulières.
Julien Paluku Kahongya insiste ainsi sur la nécessité de renforcer, avec l’appui des partenaires du Gouvernement, la formation des producteurs et des exportateurs sur les normes sanitaires et phytosanitaires, ainsi que sur les autres exigences techniques applicables aux marchés internationaux.
Cette démarche doit permettre aux filières agricoles et agro-industrielles congolaises de mieux exploiter les possibilités offertes par les régimes commerciaux préférentiels et de passer progressivement d’une logique de potentiel à une véritable stratégie d’exportation.
La priorité est également de mieux structurer les chaînes de valeur, d’améliorer la qualité des produits, de renforcer la traçabilité et d’accompagner les opérateurs dans la compréhension des procédures d’accès au marché américain.
La diplomatie commerciale mise à l’épreuve des résultats
Cette orientation s’inscrit dans la stratégie de diplomatie économique défendue par le ministère du Commerce extérieur : multiplier les ouvertures commerciales ne suffit pas ; il faut désormais transformer ces accords et préférences en emplois, investissements, recettes d’exportation et valeur ajoutée locale.
Une éventuelle prolongation de l’AGOA jusqu’à fin 2028 offrirait ainsi à la RDC un horizon supplémentaire pour préparer ses entreprises, renforcer ses capacités productives et conquérir durablement le marché américain.
Le défi est désormais de faire du « Made in DRC » non plus une simple promesse commerciale, mais une offre capable de répondre aux exigences de qualité, de conformité et de compétitivité des grands marchés mondiaux.
JDW

