Mines : Manono Lithium exporte sa première production et s’annonce parmi les majors mondiaux de la transition énergétique

Le 22 juillet 2026, Manono Lithium a inscrit son nom dans l’histoire minière de la République démocratique du Congo en réalisant l’exportation officielle de la toute première cargaison de lithium produite dans le pays. Avec le départ de cette expédition inaugurale depuis son projet situé dans la province du Tanganyika, l’entreprise ouvre une nouvelle filière stratégique pour la RDC et s’impose d’emblée comme l’un des nouveaux acteurs de la chaîne mondiale des minerais critiques.

Plus qu’une simple opération commerciale, cette première exportation consacre Manono Lithium comme le pionnier de l’industrie congolaise du lithium. Elle est l’aboutissement de plusieurs années d’études, de préparation industrielle, d’investissements et de mise en place d’une chaîne logistique complexe dans l’un des territoires les plus enclavés du pays.

L’expédition inaugurale est constituée de concentré de spodumène, destiné à être transformé en carbonate ou en hydroxyde de lithium, deux matières premières essentielles à l’industrie mondiale des batteries.

Depuis le site minier de Manono, la cargaison a été acheminée jusqu’au port de Kalemie avant de transiter par la Tanzanie vers la Chine, premier centre mondial de raffinage du lithium et de fabrication de batteries électriques.

Si cette première livraison demeure volontairement limitée afin de valider l’ensemble de la chaîne logistique, sa portée stratégique est considérable.

Les premiers destinataires de cette production appartiennent à l’écosystème industriel chinois du lithium, notamment aux partenaires commerciaux du groupe Zijin Mining, ouvrant ainsi la voie à une montée progressive des exportations.

Un partenariat industriel d’envergure internationale

Cette avancée est le fruit d’un partenariat entre COMINIÈRE, entreprise publique congolaise représentant les intérêts de l’État, et Zijin Mining, l’un des plus importants groupes miniers au monde. L’association de la connaissance du potentiel minier congolais et de l’expertise industrielle, technique et financière du groupe chinois a permis à Manono Lithium de franchir une étape décisive vers une exploitation industrielle de grande envergure.

Cet engagement se traduit également par un investissement exceptionnel. Selon les dernières données publiées par Zijin Mining, le développement du projet représente un investissement global estimé à 1,405 milliard de dollars américains, dont environ 716 millions USD avaient déjà été engagés à ce stade des travaux. Ce niveau d’investissement témoigne de l’ambition des deux actionnaires de faire de Manono l’un des principaux pôles mondiaux de production de lithium.

Un gisement parmi les plus prometteurs au monde

Avant le départ de la cargaison, le Centre d’Expertise, d’Évaluation et de Certification des Substances Minérales (CEEC) a assuré les opérations de contrôle, de certification et de traçabilité. Cette étape a permis de garantir la qualité du produit et sa conformité aux normes en vigueur avant son expédition vers les marchés internationaux.

Le succès de cette première exportation repose sur un actif minier d’exception. Développé sur le gisement de Manono, dans la province du Tanganyika, le projet est implanté sur l’un des plus importants gisements de lithium en roche dure au monde.

Historiquement connue pour ses réserves de cassitérite, cette région est aujourd’hui reconnue pour ses vastes pegmatites de type lithium-césium-tantale (LCT), particulièrement riches en spodumène.

Ces caractéristiques géologiques placent Manono parmi les projets de lithium les plus prometteurs de la planète, avec un potentiel capable d’alimenter durablement l’industrie mondiale des batteries.

Ce site de Manono renferme des ressources (réserves incluses) estimées à 6,47 millions de tonnes d’équivalent carbonate de lithium (LCE), avec une teneur moyenne de 1,50 % de Li₂O. Le projet est conçu pour traiter 5 millions de tonnes de minerai par an et produire environ 1 million de tonnes de concentré de spodumène par an.

D’autres estimations, largement reprises dans les analyses internationales, indiquent que l’ensemble du gisement de Manono renfermerait plus de 44 millions de tonnes de minerai de lithium à une teneur moyenne d’environ 1,65 %, ce qui en fait l’un des plus grands gisements de lithium en roche dure connus au monde.

À pleine capacité, Zijin Mining prévoit une production d’environ 130 000 tonnes d’équivalent carbonate de lithium (LCE) par an à l’horizon 2028, soit près de 5 % de la production mondiale, ce qui placerait Manono parmi les projets les plus importants de la planète.

Ce que cela représente pour Manono

Si Manono atteint son objectif d’environ 1 million de tonnes de concentré de spodumène par an, avec un prix moyen proche de 1 100 USD la tonne, les ventes annuelles pourraient représenter environ 1,1 milliard de dollars américains, avant prise en compte des coûts d’exploitation, de transport, des redevances et de la fiscalité.

En développant ensuite la transformation locale en carbonate ou en hydroxyde de lithium, la valeur ajoutée générée en RDC pourrait être sensiblement plus élevée, ce qui constitue l’un des principaux enjeux industriels du projet.

Une ambition industrielle à long terme

Pour ses deux actionnaires, la première exportation n’est qu’une étape. À long terme, l’ambition de Manono Lithium dépasse la simple exportation de matières premières. Le projet entend contribuer à l’émergence d’une véritable filière congolaise du lithium en favorisant progressivement les activités de transformation industrielle, la création de valeur ajoutée locale et le développement d’emplois qualifiés.

Un acteur désormais attendu sur la scène mondialeL’essor de Manono Lithium intervient dans un contexte de compétition internationale croissante pour l’accès aux minerais critiques. Dans cette nouvelle géographie industrielle, Manono s’affirme comme un futur maillon stratégique de la chaîne mondiale d’approvisionnement en lithium, au moment où les grandes puissances cherchent à sécuriser leurs ressources pour accompagner la transition énergétique.

Jonas Eugène Kota

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