Souveraineté économique : Julien Paluku met FAMECO en modèle de la politique de protection de l’industrie

La stratégie de protection de l’industrie locale engagée par le Gouvernement congolais commence à produire des effets visibles. En visite mardi à la Fabrique Métal Congo (FAMECO), le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a présenté cette entreprise sidérurgique comme l’illustration des résultats attendus des mesures de sauvegarde destinées à réduire les importations de produits manufacturés au profit de la production nationale.

Spécialisée dans la fabrication d’acier, FAMECO dispose d’une capacité de production de 70 000 tonnes par an. Selon les responsables de l’entreprise, les restrictions décidées par le Gouvernement sur l’importation des barres de fer et de certains produits sidérurgiques ont favorisé une hausse de la demande intérieure, ouvrant la voie à une nouvelle phase d’expansion.

Cette dynamique devrait permettre à l’entreprise de porter ses effectifs de 700 à 809 emplois directs.

Deux nouvelles unités industrielles viennent par ailleurs d’être mises en service, l’une dans la périphérie de Kinshasa et l’autre dans la province du Kongo Central, afin de répondre à une demande en progression.

Au-delà de l’activité industrielle, le développement de FAMECO irrigue toute une chaîne économique. Selon les chiffres avancés lors de la visite, plus de 5 000 emplois indirects dépendent désormais de cette filière, notamment à travers les réseaux de collecte, de recyclage et de commercialisation des ferrailles, utilisées comme matière première dans la production d’acier.

Julien Paluku présente cette évolution comme l’illustration de la capacité des politiques commerciales à stimuler l’investissement productif et à créer des emplois lorsqu’elles s’accompagnent de mesures de protection conformes aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Depuis plusieurs mois, en effet, le ministère du Commerce extérieur a renforcé les mécanismes de sauvegarde visant les produits déjà fabriqués en RDC afin de lutter contre la concurrence jugée déloyale des importations.

À l’issue de la visite, le ministre a esquissé trois nouvelles orientations destinées à consolider cette dynamique.

La première concerne l’économie circulaire. Il a proposé la conclusion d’un partenariat entre FAMECO et la Ville de Kinshasa afin d’organiser la collecte systématique des carcasses de véhicules et des ferrailles abandonnées. L’objectif est à la fois d’améliorer l’approvisionnement de l’industrie en matières premières recyclables et de contribuer à l’assainissement de la capitale.

La deuxième orientation vise à renforcer la politique du « Consommer local ». Julien Paluku a appelé les entreprises exécutant des marchés publics ainsi que les organisations intervenant en RDC à privilégier les produits fabriqués localement lorsque ceux-ci répondent aux normes requises. Les produits de FAMECO, a-t-il rappelé, sont certifiés selon les standards internationaux et contrôlés par l’Office congolais de contrôle (OCC).

Enfin, le ministre a annoncé un renforcement du contrôle des importations d’acier. Désormais, les opérateurs devront démontrer que la production nationale ne dispose pas des capacités techniques nécessaires avant de pouvoir importer certains types de produits sidérurgiques.

Cette visite s’inscrit dans une stratégie plus large de réindustrialisation portée par le Gouvernement. Ces dernières semaines, les autorités ont multiplié les initiatives en faveur de la production locale, notamment à Lubumbashi où plusieurs unités industrielles de fabrication de tubes carrés, de câbles électriques et de transformateurs ont été inaugurées, tandis que des mesures ont été annoncées pour lutter contre le dumping et les pratiques frauduleuses aux frontières, en particulier à Kasumbalesa.

À travers ces différentes actions, Julien Paluku entend faire de la politique commerciale un levier d’industrialisation, de création d’emplois et de réduction de la dépendance aux importations. La logique pour lui est claire : la souveraineté économique passe désormais par une industrie nationale capable de répondre aux besoins du marché intérieur avant de conquérir les marchés régionaux et internationaux.

JDW

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