Trois mois après avoir affiché leurs ambitions de rapprochement économique à Kinshasa lors du troisième forum économique RDC -Angola, les banques centrales des deux pays ont scellé mercredi à Luanda un Memorendum d’entente destiné à fluidifier les échanges commerciaux et à stabiliser leurs systèmes financiers, a-t-on appris de sources officielles.

Le mémorandum d’entente a été paraphé par le gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), André Wameso Nkualoloki, et son homologue de la Banque Nationale d’Angola (BNA), Manuel António Tiago Dias. Ce protocole vise à renforcer la coopération institutionnelle à travers quatre axes majeurs : la promotion de l’intégration financière, la facilitation des paiements transfrontaliers, le renforcement de la supervision bancaire et la préservation de la stabilité financière.

Traduction concrète du forum de Kinshasa
Cette signature marque l’aboutissement technique des orientations politiques fixées lors de la 3ème édition du Forum économique RDC-Angola, qui s’est tenue les 1er et 2 avril derniers dans la capitale congolaise. Réunis sous l’égide du vice-Premier ministre congolais de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, les décideurs des deux pays avaient alors pressé les institutions de passer des déclarations d’intention aux réformes structurelles.
Malgré une frontière commune de plus de 2 500 kilomètres et une interdépendance humaine historique, le commerce formel entre Luanda et Kinshasa stagne à environ 600 millions de dollars par an. Un volume jugé « dérisoire » par les deux gouvernements face au potentiel réel de cette zone économique de plus de 130 millions d’habitants.
Assécher le canal informel
Le principal défi de cet accord réside dans la formalisation des flux financiers. Actuellement, l’essentiel des échanges transfrontaliers de proximité s’opère en espèces, souvent en dollars américains ou via des circuits informels, privant les deux États de recettes douanières et fiscales cruciales.
En interconnectant leurs systèmes de paiement, la BCC et la BNA entendent offrir aux opérateurs économiques des mécanismes de transfert plus rapides, moins coûteux et sécurisés. L’objectif à terme est de réduire la dépendance aux devises occidentales pour les transactions bilatérales courantes.
L’accord prévoit également un renforcement de la supervision bancaire conjointe. Alors que plusieurs banques commerciales préparent leur expansion de part et d’autre de la frontière, les deux régulateurs veulent harmoniser leurs règles pour contrer le blanchiment de capitaux et sécuriser les investissements privés, notamment le long des grands axes de développement comme le corridor de Lobito.
Par ce « pont financier », Luanda et Kinshasa posent ainsi l’infrastructure réglementaire indispensable pour transformer leurs zones frontalières en véritables poumons économiques régionaux.
JEK

