RDC – Développement local : À Tshumbe, au cœur du Sankuru, Mukoko Samba ausculte une économie enclavée et mise sur l’énergie pour relancer la croissance

Après les aéroports, les centres agricoles et les axes de communication, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a consacré jeudi une nouvelle étape de sa mission au Sankuru à l’exploration des leviers susceptibles de transformer durablement l’économie de cette province enclavée du centre de la République démocratique du Congo.

De l’université aux marchés locaux, en passant par un projet de barrage hydroélectrique et les infrastructures sanitaires, cette journée à Tshumbe a offert un condensé des défis structurels et des opportunités de développement qui caractérisent encore une large partie de l’arrière-pays congolais.

Depuis son arrivée dans le Sankuru, Daniel Mukoko Samba mène une démarche peu commune dans la conduite des politiques économiques : partir du terrain pour identifier les blocages qui freinent la création de richesse locale. Cette approche s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à réduire les disparités territoriales et à reconnecter les provinces de l’intérieur aux grands circuits économiques nationaux.

Le capital humain comme premier moteur de croissance

La première étape de la journée a conduit le ministre à l’Université Notre-Dame de Tshumbe (UNITSHU), l’un des principaux établissements d’enseignement supérieur de la région. Face aux étudiants et aux autorités académiques, il a salué les efforts déployés par l’Église catholique pour développer des infrastructures universitaires dans une province où l’accès à l’enseignement supérieur demeure un enjeu majeur.

Au-delà du symbole, cette visite traduit une conviction de plus en plus présente dans les politiques publiques congolaises : la transformation économique ne pourra être durable sans investissement massif dans le capital humain.

Pour une province comme le Sankuru, où la jeunesse représente la majorité de la population, la formation apparaît comme un facteur clé pour valoriser les ressources locales et attirer les investissements.

L’électricité, condition préalable au développement

Mais c’est sans doute sur le site du futur barrage hydroélectrique de Tshumbe que s’est jouée la séquence la plus stratégique de la journée. Le projet prévoit l’exploitation d’une source d’eau permanente afin de produire de l’électricité à travers un système de transformation de l’énergie hydraulique.

Les études envisagent notamment la construction d’un bassin de rétention et d’ouvrages destinés à optimiser le débit nécessaire à la production électrique.

Pour les économistes du développement, l’accès à l’énergie demeure l’un des principaux obstacles à l’industrialisation de nombreuses provinces congolaises.

Malgré son immense potentiel hydroélectrique, la RDC affiche encore l’un des taux d’accès à l’électricité les plus faibles du continent africain, particulièrement dans les zones rurales.

Dans une province comme le Sankuru, où les activités économiques reposent essentiellement sur l’agriculture et le commerce, l’arrivée d’une source d’électricité stable pourrait favoriser l’émergence de petites unités de transformation, améliorer la conservation des produits agricoles et soutenir le développement des services.

Prendre le pouls du marché local

Fidèle à sa méthode de terrain, Daniel Mukoko Samba s’est ensuite rendu au marché central de Tshumbe pour échanger directement avec les opérateurs économiques. Les discussions avec les commerçants, notamment les vendeurs de ciment et de carburant, ont porté sur les prix pratiqués, les difficultés d’approvisionnement et les contraintes qui pèsent sur l’activité économique locale.

Cette démarche intervient alors que le gouvernement poursuit ses efforts de surveillance des marchés et de stabilisation des prix dans plusieurs provinces du pays. L’enclavement du Sankuru entraîne souvent des surcoûts logistiques importants qui se répercutent directement sur les consommateurs.

Les échanges avec les représentants de la société civile, les opérateurs économiques et les responsables locaux du ministère de l’Économie ont permis de dresser un état des lieux des préoccupations du tissu économique local.

Le ministre a assuré que les difficultés soulevées seraient prises en compte dans l’élaboration des réponses publiques adaptées aux réalités de la province.

Au-delà de l’économie, les défis du développement territorial

La mission s’est également intéressée aux conditions de fonctionnement de l’administration économique locale. Devant les agents et cadres de son ministère, Daniel Mukoko Samba a réaffirmé sa volonté d’améliorer leurs conditions de travail afin de renforcer leur rôle d’interface entre les opérateurs économiques et l’administration centrale.

Enfin, la visite de l’Hôpital général de Tshumbe et de plusieurs sites touchés par l’érosion a rappelé que les défis du développement ne se limitent pas aux seules questions économiques. La dégradation des infrastructures, les risques environnementaux et les difficultés d’accès aux services sociaux continuent d’affecter le potentiel de croissance de nombreuses localités du Sankuru.

Le Sankuru, laboratoire d’une économie de proximité

À travers cette tournée, le gouvernement cherche à identifier des solutions adaptées aux réalités d’une province riche en ressources agricoles, forestières et humaines, mais longtemps pénalisée par son isolement.

Après les visites de Lodja, Lomela, Lumumba Ville et désormais Tshumbe, une même conviction se dégage : la relance économique du Sankuru passera autant par les infrastructures que par l’énergie, la formation, le renforcement des marchés locaux et la valorisation des initiatives communautaires.

Pour Mukoko Samba, l’enjeu dépasse largement les frontières provinciales. Il s’agit de démontrer que la diversification économique de la RDC ne peut se construire uniquement autour des grands pôles miniers, mais également à partir de territoires longtemps restés en marge des grands investissements et qui pourraient demain devenir de nouveaux foyers de croissance.

JEK

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