Il aura fallu attendre 52 longues années pour voir la République démocratique du Congo effacer une partie des cicatrices de son unique participation à la Coupe du monde. Ce mercredi 17 juin 2026, les Léopards ont écrit une nouvelle page de leur histoire en arrachant un précieux match nul (1-1) face au Portugal lors de leur entrée en lice au Mondial.
Face à une sélection portugaise emmenée par Cristiano Ronaldo et annoncée parmi les favoris du groupe K, les hommes de Sébastien Desabre ont fait preuve de caractère pour revenir au score après l’ouverture précoce de João Neves. Mieux encore, ils ont offert au pays trois premières historiques : un premier but, un premier point et un premier match nul en Coupe du monde.
Mais au-delà du résultat, c’est tout le palmarès mondialiste de la RDC qui s’en trouve transformé.
Fin d’une statistique douloureuse héritée de 1974
Jusqu’à ce soir de Houston, l’histoire congolaise en Coupe du monde se résumait à trois défaites et aucun but inscrit lors de l’édition 1974 disputée sous le nom du Zaïre. Les Léopards avaient alors été battus : Écosse 2-0 Zaïre ; Yougoslavie 9-0 Zaïre et Brésil 3-0 Zaïre.
Bilan : trois défaites, zéro point, zéro but marqué et quatorze buts encaissés.
Ce lourd héritage appartient désormais en partie au passé. Grâce au nul obtenu contre le Portugal, la RDC compte désormais dans son histoire mondiale un but marqué, un point gagné et un résultat positif.

Wissa, l’homme du premier but
L’histoire retiendra un nom : Yoane Wissa.
À la veille de la pause, l’attaquant congolais a repris de la tête un centre parfaitement déposé pour tromper le gardien portugais et inscrire le tout premier but de la RDC en phase finale de Coupe du monde.
Né le 3 septembre 1996, le joueur de 29 ans évolue à Newcastle United. Déjà parmi les cadres offensifs des Léopards, il ajoute désormais à son palmarès personnel un exploit qui lui garantit une place à part dans l’histoire du football congolais.
Avec cette réalisation historique, Wissa enrichit également son compteur sous le maillot national et devient à jamais le premier Congolais à faire trembler les filets dans la plus prestigieuse compétition du football mondial.

Une prestation pleine de maturité
Après un début de rencontre compliqué et un but encaissé dès la 6e minute sur une réalisation de João Neves, les Congolais n’ont jamais sombré. Bien organisés défensivement, disciplinés tactiquement et dangereux en contre-attaque, ils ont progressivement gagné en confiance.
La seconde période a même laissé entrevoir la possibilité d’un exploit encore plus grand, tant les Léopards ont su faire douter une équipe portugaise frustrée et incapable de reprendre l’avantage.
Plusieurs observateurs internationaux saluent la solidité et la résilience du collectif congolais face à l’une des nations les plus talentueuses du tournoi.
Deux rendez-vous décisifs en nocturne
Ce premier point place les Léopards dans une position intéressante avant les deux dernières journées du groupe K. La RDC retrouvera d’abord la Colombie dans la nuit du mardi 23 au mercredi 24 juin à 3 heures du matin (heure de Kinshasa), avant de conclure sa phase de groupes face à l’Ouzbékistan dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 juin à 0h30 (heure de Kinshasa).
Quoi qu’il arrive désormais, cette soirée de Houston restera gravée dans la mémoire collective. Cinquante-deux ans après l’expérience douloureuse de 1974, les Léopards ont montré au monde un tout autre visage : celui d’une sélection ambitieuse, compétitive et capable de regarder les grandes nations du football droit dans les yeux.
Jonas Eugène Kota

