Infrastructures : John Banza Lunda lance l’évaluation des concessions routières et fixe le cap de la performance

Le gouvernement a engagé un nouvel exercice de redevabilité dans le secteur des infrastructures routières. Le ministre des Infrastructures et Travaux publics (ITP), John Banza Lunda, a, en effet, officiellement lancé à Kinshasa les travaux des comités chargés d’évaluer les contrats et concessions de délégation des services publics pour l’exercice 2025, dans un contexte marqué par l’accélération des investissements routiers à travers le pays.

Présentée comme une étape majeure de gouvernance et de suivi des partenariats public-privé (PPP), cette évaluation vise à mesurer les performances des concessionnaires, identifier les obstacles à l’exécution des projets et renforcer l’efficacité des investissements consacrés au désenclavement de la République démocratique du Congo.

À l’ouverture des travaux, le ministre John Banza Lunda a insisté sur la nécessité d’un examen rigoureux et objectif de chaque projet. Pour lui, les concessions routières ne doivent pas être considérées comme de simples mécanismes financiers, mais comme des instruments de développement capables d’améliorer durablement la mobilité des populations, de stimuler l’activité économique et de créer des emplois locaux.

« Chaque partenariat doit produire des résultats tangibles pour les Congolais. Il est indispensable d’identifier les contraintes, de corriger les faiblesses et de garantir le respect des engagements contractuels », a-t-il souligné devant les membres des comités d’évaluation.

Plus de 4,4 milliards USD d’investissements sous revue

L’exercice porte sur un portefeuille particulièrement important. Selon les données présentées par le Directeur général de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), Nico Nzau Nzau, l’agence assure actuellement le suivi de douze contrats et conventions de délégation représentant un investissement global de 4,42 milliards de dollars américains.

Ces projets concernent la construction, la réhabilitation ou la modernisation de 3.350 km de routes nationales, notamment sur les RN1, RN2, RN3, RN5, RN38 et RN39, ainsi que 250 Km de voiries urbaines réparties dans plusieurs provinces du pays.

Pour la seule année 2025, les investissements engagés dans l’exécution des travaux ont atteint plus de 350,7 millions de dollars, confirmant la place croissante des partenariats public-privé dans la stratégie nationale de développement des infrastructures.

Des résultats visibles sur plusieurs corridors stratégiques

Le bilan présenté par l’ACGT fait état d’avancées significatives sur plusieurs axes considérés comme prioritaires pour l’intégration nationale et régionale. Parmi les réalisations majeures figurent l’élargissement en 2×2 voies de l’axe Lubumbashi-Likasi sur une vingtaine de kilomètres, la modernisation de la route Luambo-Mitwaba-Manono sur 148 kilomètres ainsi que la mise en exploitation provisoire des tronçons Tshikapa-Kamako et Likasi-Borne 32.

Ces infrastructures sont appelées à renforcer la circulation des personnes et des marchandises, tout en améliorant la connectivité entre les principaux bassins économiques du pays.

Une progression des recettes des concessions

L’évaluation met également en lumière l’amélioration de la rentabilité de plusieurs concessions routières. Les recettes collectées et déclarées par les concessionnaires ont atteint 320,7 millions de dollars américains en 2025, traduisant une montée en puissance progressive du modèle concessionnel.

Les axes Kasumbalesa-Sakania et Likasi-Kambove se distinguent particulièrement avec une progression de 24 % des recettes par rapport à l’exercice précédent, un indicateur que les autorités considèrent comme révélateur d’une meilleure performance opérationnelle.

Des contraintes encore persistantes

Malgré ces résultats encourageants, plusieurs difficultés continuent de peser sur l’exécution des projets. L’ACGT a notamment relevé les lenteurs administratives liées aux exonérations fiscales et douanières, les difficultés de mobilisation financière rencontrées par certains concessionnaires ainsi que les retards observés sur certains chantiers.

À cela s’ajoutent les défis sécuritaires dans plusieurs territoires de l’Est du pays, qui affectent particulièrement les projets en cours sur les RN2 et RN3.

Face à ces contraintes, le ministre des ITP a assuré que le gouvernement poursuivrait ses efforts afin d’améliorer le cadre d’exécution des projets et d’accompagner les investisseurs engagés dans le développement des infrastructures nationales.

De nouveaux projets déjà en préparation

Au-delà de l’évaluation des contrats existants, les autorités entendent poursuivre l’extension du réseau d’infrastructures sous concession. Plusieurs nouveaux axes sont actuellement en phase de préparation, notamment les corridors Moanda-Yema, Nsioni-Frontière de Lwadi, Mbanza-Ngungu-Gombe-Matadi-Frontière Mbaza-Kongo ainsi que Mweka-Luebo-Tshikapa.

Ces projets s’ajoutent à un portefeuille évalué à près de 2.882 Km de routes ainsi qu’à plusieurs infrastructures connexes, notamment des postes de péage, des stations de pesage et des plateformes logistiques.

Pour le Directeur général de l’ACGT, Nico Nzau Nzau, cette démarche d’évaluation constitue avant tout un outil d’amélioration continue. « Toute œuvre humaine est perfectible », a-t-il rappelé, estimant que ces assises permettront d’identifier les ajustements nécessaires afin de renforcer l’efficacité des partenariats et d’accélérer la modernisation du réseau routier national.

À travers cet exercice de redevabilité, le gouvernement entend consolider un modèle de gouvernance axé sur les résultats, dans lequel les infrastructures routières sont appelées à jouer un rôle central dans la transformation économique, l’intégration territoriale et la compétitivité de la République démocratique du Congo.

Jonas Eugène Kota

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *