La question de la sécurité énergétique de la République démocratique du Congo s’est invitée au cœur des travaux de l’Assemblée nationale. Auditionnée durant deux jours par la Commission Environnement, Tourisme, Ressources naturelles et Développement durable, la Ministre d’État, Ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a présenté aux députés nationaux l’état des lieux du secteur ainsi que les réformes engagées pour renforcer la résilience du pays face aux défis de l’approvisionnement pétrolier.
Organisée à l’invitation du Président de l’Assemblée nationale, cette audition a permis aux élus d’interroger la patronne des Hydrocarbures sur plusieurs questions stratégiques, notamment les stocks pétroliers nationaux, les capacités de stockage disponibles, les mécanismes de constitution des réserves stratégiques ainsi que les mesures envisagées pour faire face à d’éventuelles perturbations du marché mondial.

Des stocks stratégiques au cœur des préoccupations
Au cours des échanges, les députés ont voulu obtenir des éclaircissements sur la capacité réelle du pays à résister à une rupture prolongée des approvisionnements internationaux en produits pétroliers.
Les échanges ont également porté sur la répartition des infrastructures de stockage sur l’ensemble du territoire national, les défis logistiques et financiers liés à leur gestion, ainsi que les stratégies gouvernementales destinées à renforcer l’autonomie énergétique du pays.
Face aux élus, Acacia Bandubola a rappelé que la RDC dispose d’un potentiel pétrolier considérable encore largement sous-exploité, capable de soutenir durablement la croissance économique nationale à condition d’être mieux valorisé.

Une série de réformes pour assainir et moderniser le secteur
S’appuyant sur la lettre de mission lui assignée par la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, la Ministre d’État a détaillé les principaux axes de son action gouvernementale : le renforcement des capacités de l’administration des Hydrocarbures, l’intensification des recherches géologiques et pétrolières, la promotion de la RDC comme destination crédible pour les investissements ainsi que l’amélioration de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers.
Pour atteindre ces objectifs, elle a présenté un ensemble de réformes déjà engagées avec l’appui du Gouvernement. Parmi les mesures phares figurent la lutte contre la fraude et la contrebande des produits pétroliers, le renforcement du cadre normatif, la création d’une commission mixte chargée de vérifier les documents avant la délivrance des titres, le renforcement des capacités administratives ainsi que la régulation de l’approvisionnement du marché national.
La Ministre d’État a également mis en avant la nouvelle approche dite de « politique de terrain », consistant à multiplier les descentes sur les sites pétroliers afin d’identifier les problèmes à la source et d’y apporter des solutions concrètes.
À cela s’ajoutent un vaste inventaire des infrastructures existantes, des études de faisabilité pour de nouveaux investissements et des actions destinées à accroître l’attractivité du secteur pétrolier congolais auprès des investisseurs nationaux et internationaux.

Le GPL comme réponse à la déforestation et au changement climatique
L’un des points marquants de cette audition a concerné la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique. La Ministre d’État a annoncé aux députés que son ministère a engagé les travaux d’élaboration d’un projet de loi sur le Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL), destiné à promouvoir l’utilisation de combustibles de cuisson plus propres et plus respectueux de l’environnement.
Selon elle, cette future législation permettra de réduire progressivement la dépendance des ménages au charbon de bois, principale cause de pression sur les ressources forestières du pays.
Le texte vise également à lutter contre la déforestation et la dégradation des forêts tout en contribuant aux engagements internationaux de la RDC en matière de réduction des émissions liées au changement climatique.
D’après la Ministre d’État, ce projet de loi pourrait être transmis au Parlement d’ici à la fin du mois de juillet 2026.
Vers une souveraineté énergétique renforcée
À travers cette audition, le ministère des Hydrocarbures a affiché sa volonté de bâtir un système d’approvisionnement plus résilient, capable de sécuriser durablement l’accès du pays aux produits pétroliers tout en préparant la transition vers des modes de consommation énergétique plus durables.
Face aux députés nationaux, Acacia Bandubola Mbongo a ainsi défendu une vision fondée sur la modernisation des infrastructures, la bonne gouvernance, la lutte contre les circuits frauduleux et la valorisation du potentiel pétrolier national, avec en ligne de mire le renforcement de la souveraineté énergétique de la République démocratique du Congo.
JEK

