Une lueur d’espoir apparaît dans la lutte contre la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo. Quatre infirmiers contaminés lors de la prise en charge de patients infectés ont quitté guéris le centre hospitalier de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, ont annoncé dimanche les autorités sanitaires et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Ces professionnels de santé avaient contracté la maladie au début du mois de mai dans l’exercice de leurs fonctions. Leur rétablissement porte désormais à cinq le nombre total de personnes guéries depuis le début de cette flambée d’Ebola causée par le virus Bundibugyo. Un agent de laboratoire avait déjà été déclaré guéri le 28 mai.
Pour les autorités sanitaires congolaises, ces guérisons constituent un signal encourageant dans un contexte marqué par une progression rapide de l’épidémie. « C’est une victoire qui mérite d’être célébrée. C’est un message fort montrant qu’il est possible de guérir d’Ebola lorsque l’on consulte tôt dans une structure de santé dédiée », a déclaré le Directeur général de l’Institut national de santé publique, le Dr Dieudonné Mwamba Kazadi.
Afin de renforcer les capacités de prise en charge, l’OMS a remis aux autorités sanitaires un Centre de traitement Ebola réhabilité à Bunia. L’infrastructure dispose actuellement de 24 lits, avec une capacité d’extension à 60 lits.
Une annexe supplémentaire pouvant accueillir jusqu’à 42 patients est également en cours d’installation et devrait entrer en service dans les prochaines semaines.
Selon les dernières données disponibles au 31 mai, la RDC comptabilisait 210 cas confirmés d’Ebola, dont 17 décès confirmés. Par ailleurs, 349 cas suspects restent sous investigation.
Les agents de santé demeurent particulièrement exposés, avec 16 contaminations enregistrées parmi le personnel médical depuis le début de l’épidémie.
En visite à Bunia le 30 mai, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a voulu rassurer les populations malgré l’absence actuelle de vaccin ou de traitement homologué contre la souche Bundibugyo. « Il n’y a pas lieu de perdre espoir. La maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo peut être surmontée grâce à de bons soins médicaux, et certaines personnes ici en Ituri se sont déjà rétablies. Consulter tôt fait réellement la différence », a-t-il souligné.
Cette déclaration intervient alors que plusieurs groupes consultatifs de l’OMS ont récemment identifié des vaccins et traitements expérimentaux jugés suffisamment prometteurs pour être évalués dans le cadre d’essais cliniques. L’organisation travaille actuellement avec la RDC et l’Ouganda afin de faciliter la mise en œuvre de ces études.
Déclarée officiellement le 15 mai dernier, cette nouvelle épidémie d’Ebola mobilise d’importants moyens nationaux et internationaux. Avec l’appui de l’OMS et de plusieurs partenaires, les autorités congolaises ont renforcé le dépistage en laboratoire, la surveillance épidémiologique, la prévention et le contrôle des infections, tout en intensifiant les campagnes de sensibilisation communautaire et les efforts de mobilisation des ressources.
L’OMS affirme également poursuivre ses efforts pour garantir la continuité des services de santé essentiels et de l’assistance humanitaire en Ituri, tout en veillant à ce que les investissements réalisés dans le cadre de la riposte puissent bénéficier durablement aux communautés locales au-delà de la fin de l’épidémie.
Alors que le nombre de cas continue d’augmenter, les guérisons enregistrées à Bunia offrent un motif d’espoir aux populations et aux équipes médicales engagées en première ligne contre l’une des maladies les plus redoutées du continent africain.
Congo Guardian (avec OMS)

