À peine élu à la tête de la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA), Véron Mosengo-Omba veut déjà imprimer sa marque. Reçu mercredi 27 mai par le président de la République Félix Tshisekedi à la Cité de l’Union africaine, le nouveau patron du football congolais a présenté un ambitieux programme quadriennal évalué à 25,6 millions de dollars américains.
Baptisé « Refonder pour structurer, structurer pour gagner », ce plan stratégique 2026-2030 prévoit un investissement moyen de 6,4 millions USD par an afin de remettre sur pied une fédération secouée depuis plusieurs années par des crises internes, des conflits de gouvernance et une longue période de transition imposée par la FIFA et la CAF.
Selon l’entourage du nouveau comité exécutif, ce programme repose sur quatre axes majeurs : la stabilisation du calendrier des championnats nationaux, le développement du football de base, la restructuration administrative de la FECOFA ainsi que la modernisation des infrastructures sportives.
Un retour à l’ordre après trois ans de transition
Cette rencontre avec le chef de l’État intervient une semaine seulement après l’élection de Véron Mosengo-Omba à la présidence de la FECOFA. L’ancien secrétaire général de la Confédération africaine de football (CAF) a été élu le 20 mai dernier avec 60 voix sur 65 votants, mettant ainsi fin à près de trois années de gestion transitoire assurée par le Comité de normalisation (CONOR) installé par la FIFA et la CAF.
Mais derrière cette victoire écrasante, le processus électoral a laissé des traces profondes. Sur les neuf listes initialement déposées, six ont été recalées par la commission électorale à l’issue de différents contrôles, provoquant une vague de contestations. Les deux derniers concurrents encore en lice s’étant retirés avant le scrutin, Véron Mosengo-Omba s’est retrouvé seul candidat au moment du vote.
Plusieurs figures du football national ont dénoncé un processus verrouillé. Le candidat Rainier Patrice Mangenda avait saisi la FIFA pour réclamer la suspension du scrutin, tandis que l’ancien capitaine des Léopards Jean-Claude Mukanya avait demandé l’ouverture d’une enquête internationale sur les conditions d’organisation des élections.
Le pari de la crédibilité et de la transparence
Conscient du climat de méfiance qui entoure sa prise de fonctions, le nouveau président promet une rupture dans la gouvernance fédérale. Parmi les mesures annoncées figurent la professionnalisation des clubs, la relance des compétitions régulières, le développement du football féminin ainsi qu’une plus grande transparence budgétaire. Véron Mosengo-Omba a également affirmé vouloir renoncer à son salaire à la tête de la fédération.
Cette volonté de réforme intervient au moment où le football congolais traverse un paradoxe saisissant : une crise institutionnelle persistante contrastant avec des résultats sportifs historiques.
Entre euphorie mondiale et contraintes sanitaires
Sur le terrain, les Léopards vivent en effet une période faste après leur qualification retentissante pour la Coupe du monde 2026, obtenue aux dépens du Nigeria à l’issue d’un barrage mémorable. La RDC évoluera dans le groupe K aux côtés du Portugal, de la Colombie et de l’Ouzbékistan.
Toutefois, cette dynamique positive est déjà perturbée par la résurgence du virus Ebola dans le pays. Pour répondre aux exigences sanitaires américaines avant le Mondial, la FECOFA a été contrainte d’annuler le stage populaire prévu à Kinshasa.
La sélection nationale prépare désormais intégralement sa campagne en Belgique, entre Liège et Bruxelles, avant son départ pour les États-Unis.
Avec son programme chiffré à plus de 25 millions de dollars, Véron Mosengo-Omba joue désormais gros : restaurer la crédibilité de la FECOFA, réconcilier les acteurs du football congolais et transformer l’euphorie sportive actuelle en véritable reconstruction institutionnelle.
Albert Osako

