Assainissement de Kinshasa : le ministère du budget reçoit les doléances des bourgmestres qui sollicitent plus de moyens financiers

Le collectif des bourgmestres des 24 communes de Kinshasa a été reçu, mercredi, à la Vice-Primature en charge du Budget pour évoquer les défis liés à l’assainissement de leurs municipalités ainsi que les difficultés administratives et sociales auxquelles font face les autorités municipales.

La séance de travail, initialement prévue avec le Vice-Premier ministre, ministre du Budget, a finalement été présidée par son directeur de cabinet, Maître Blanchard Mongomba, en raison de l’indisponibilité du ministre.

Les échanges ont essentiellement porté sur l’assainissement de la ville de Kinshasa, sujet revenu au premier plan après la récente ronde d’inspection effectuée par le président de la République dans la partie Est de la ville ainsi qu’au Grand Marché de Kinshasa, communément appelé Zando.

Au cours de cette rencontre, les bourgmestres ont réaffirmé leur engagement à accompagner la vision du Chef de l’État en matière de salubrité urbaine, tout en soulignant le manque de moyens financiers et logistiques pour assurer efficacement cette mission.

« Il s’agit d’abord des conditions sociales. Depuis notre nomination jusqu’à ce jour, nous ne percevons ni salaire ni prime. C’est pourquoi nous sommes venus auprès de l’autorité compétente afin que ce problème soit porté au niveau du Gouvernement et que des solutions appropriées soient trouvées », a déclaré Bienvenue Mbalibi, coordonnateur adjoint et porte-parole du collectif des bourgmestres de Kinshasa.

Selon lui, les municipalités demeurent disposées à mettre en œuvre les orientations présidentielles, mais nécessitent des ressources conséquentes pour répondre aux défis de l’assainissement.

« Nous avons été nommés par le Chef de l’État et nous avons l’obligation de l’accompagner dans la mise en œuvre de sa vision. Le Chef a parlé, nous avons suivi ses instructions et devons chercher des solutions. Mais la recherche de solutions nécessite des moyens. L’assainissement est un secteur qui demande énormément de ressources », a-t-il expliqué.

Le collectif des bourgmestres a également plaidé pour une réforme du système de perception des taxes locales destinées à l’assainissement.

Le bourgmestre adjoint de la commune de Limete, Isaac Mukendi, a estimé que le cadre légal actuel limite fortement les capacités d’action des communes. « Lorsque nous rendons ce service public d’assainissement, il devrait en principe exister une taxe affectée à cette mission. Or, selon l’ordonnance-loi n°18/004, cette taxe ne revient pas aux communes. Cela nous prive des moyens nécessaires pour agir efficacement », a-t-il soutenu.

Les responsables municipaux plaident ainsi pour un financement direct des entités territoriales décentralisées afin de leur permettre de remplir correctement leurs missions de proximité, notamment en matière de salubrité publique.

Outre la question des rémunérations, les bourgmestres ont également évoqué les difficultés liées aux équipements et aux conditions de travail. En réponse, le directeur de cabinet du ministre du Budget a promis de transmettre l’ensemble des doléances à la hiérarchie, tout en annonçant l’organisation prochaine d’une séance technique destinée à examiner des pistes de solutions durables.

À l’issue de la réunion, la délégation s’est dite satisfaite de l’écoute accordée par le cabinet du Vice-Premier ministre du Budget et a exprimé l’espoir de voir des solutions concrètes être rapidement mises en œuvre. « Nous repartons rassurés et espérons que des solutions concrètes seront rapidement apportées à nos préoccupations », a conclu Isaac Mukendi.

Congo Guardian

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *