RDC : au 11e jour de l’épidémie d’Ebola, Kinshasa recense un millier de cas suspects et 101 cas confirmés

Les autorités congolaises ont indiqué mardi que l’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo, déclarée il y a onze jours dans l’est de la République démocratique du Congo, poursuit sa progression avec près d’un millier de cas symptomatiques recensés, dont 101 confirmés en laboratoire.

Lors d’un briefing de presse animé par le porte-parole du gouvernement, le ministre de la Santé a dressé un tableau “encore évolutif” de la situation sanitaire, tout en rendant hommage aux personnels soignants morts dans la riposte.

“Nous avons encore eu, pas plus tard qu’hier, un de nos confrères qui est tombé de cette maladie”, a déclaré le ministre, présentant ses “très sincères condoléances” aux familles des médecins, infirmiers et agents sanitaires décédés. “Ce sont nos héros”, a-t-il insisté.

Selon les chiffres communiqués, environ 1.000 personnes présentant des symptômes compatibles avec Ebola ont été identifiées à ce stade. Parmi elles, 101 cas ont été confirmés positifs après analyses de laboratoire.

Le ministre a souligné que les autorités avaient choisi de communiquer les chiffres les plus larges possibles au nom de la “transparence”, précisant que tous les cas suspects n’étaient pas nécessairement des infections à Ebola.

“Nous avons entre 30 et 35 % des tests qui reviennent positifs”, a-t-il expliqué, indiquant que de nombreux patients testés négatifs demeuraient néanmoins comptabilisés dans les statistiques provisoires le temps de consolider les résultats.

Concernant la mortalité, les autorités évoquent entre 200 et 220 décès “probablement liés” à Ebola, mais seulement 17 décès ont, à ce stade, été formellement confirmés par des tests positifs.

La surveillance des contacts constitue l’un des principaux axes de la riposte. Le gouvernement affirme suivre environ 3.600 personnes ayant été en contact avec des malades confirmés ou suspects. Ces “cas contacts”, qui ne présentent pas nécessairement de symptômes, sont classés selon leur niveau de risque d’exposition.

Par ailleurs, quelque 230 patients sont actuellement pris en charge dans des centres de traitement et d’isolement.

L’épidémie reste, selon Kinshasa, confinée à trois provinces de l’est du pays : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Sept zones de santé sont touchées en Ituri, trois au Nord-Kivu et une au Sud-Kivu.

“Il n’y a pas de cas en dehors de ces trois provinces”, a assuré le ministre, tout en reconnaissant que des alertes étaient régulièrement signalées dans d’autres régions du pays avant d’être vérifiées.

Les autorités sanitaires rappellent que la souche Bundibugyo est considérée comme moins létale que la souche Zaïre, responsable de précédentes flambées meurtrières en RDC. Mais le ministre a averti que l’augmentation du nombre de contaminations pourrait néanmoins entraîner un bilan humain élevé.

Contrairement aux précédentes épidémies liées à la souche Zaïre, aucun vaccin homologué n’est actuellement disponible contre Ebola Bundibugyo. Le gouvernement a toutefois annoncé avoir sollicité auprès des États-Unis l’accès à un traitement expérimental à base d’anticorps monoclonaux, développé pour agir contre plusieurs variantes du virus Ebola.

Selon le ministre, cette molécule pourrait être administrée dans le cadre d’un essai clinique si les autorités américaines acceptent de la mettre à disposition de la RDC.

En attendant, les patients reçoivent des traitements symptomatiques destinés notamment à lutter contre la déshydratation, les détresses respiratoires ou les hémorragies provoquées par la maladie.

Les autorités ont également intensifié les campagnes de sensibilisation communautaire afin de limiter les contacts physiques et promouvoir les enterrements sécurisés, considérés comme essentiels pour freiner la transmission du virus. “Le mort produit encore la contamination”, a rappelé le ministre, soulignant que les sécrétions corporelles des personnes décédées demeuraient hautement infectieuses.

Yan Manu

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