Le gouvernement congolais a défini une série d’orientations destinées à stabiliser l’approvisionnement en produits pétroliers dans la province de la Tshopo, confrontée à des tensions persistantes liées aux coûts logistiques, aux taxes de transit et aux contraintes de distribution.

Dans un communiqué diffusé ce vendredi, le ministère de l’Économie nationale a rendu publiques les conclusions d’une réunion tripartite tenue le 19 mai entre la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), les représentants de la province de la Tshopo et les experts gouvernementaux. Les discussions avaient pour objectif d’identifier des solutions concrètes pour améliorer le fonctionnement du secteur pétrolier dans cette province du nord-est du pays où les difficultés d’acheminement continuent d’alourdir les coûts du carburant.
Le transport et les taxes dans le viseur
Parmi les principales orientations arrêtées figure le maintien d’un dialogue permanent entre les opérateurs pétroliers de la Tshopo et le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP), afin de permettre aux sociétés concernées de bénéficier pleinement des mécanismes d’accompagnement mis en place par l’État.

Le ministère reconnaît également que le coût du transport constitue l’un des principaux facteurs de déséquilibre dans la structure des prix des carburants dans cette partie du pays. « Les préoccupations exprimées ont été dûment examinées par les experts », précise le communiqué, ajoutant que des concertations techniques vont se poursuivre pour « identifier et mettre en œuvre les solutions les plus appropriées ».
Le dossier sensible des taxes de transit appliquées aux produits pétroliers sera quant à lui transmis à la hiérarchie compétente pour un « examen approfondi » en vue de dégager « une solution durable susceptible de mettre fin au surcoût » supporté par les carburants dans la province.
Préserver l’équilibre économique des opérateurs
Le gouvernement cherche également à éviter une fragilisation financière des sociétés pétrolières opérant dans la région.
Concernant le protocole relatif à la contribution du secteur pétrolier aux actions de développement provincial, le ministère appelle les différentes parties à convenir d’un niveau de participation « qui ne perturbe pas l’équilibre économique des opérateurs pétroliers ». Cette approche traduit la volonté des autorités de concilier impératifs budgétaires provinciaux et maintien de la rentabilité des opérateurs dans un environnement logistique particulièrement contraignant.
Une province sous forte pression logistique
La Tshopo, dont Kisangani constitue l’un des principaux pôles économiques, reste fortement dépendante des réseaux fluviaux et routiers pour son approvisionnement énergétique.L’état des infrastructures, les longues distances d’acheminement et les coûts de transport élevés expliquent en partie les écarts de prix observés avec d’autres régions du pays.
Le ministère recommande par ailleurs à la FEC Tshopo de s’inspirer des modèles de collaboration déjà appliqués dans les zones Ouest, Sud et Est-Ituri afin d’accéder plus efficacement aux dispositifs d’appui gouvernementaux.
L’enjeu est désormais de limiter l’impact des surcoûts énergétiques sur les prix des biens de consommation et sur l’activité économique dans les provinces de l’intérieur du pays.
JDW

