Katanga Business Meeting 2026 : à Kolwezi, Daniel Mukoko Samba expose sa vision d’une RDC puissance industrielle des minerais critiques

Au cœur du bassin mondial du cobalt, la République démocratique du Congo affiche désormais une ambition qui dépasse largement l’extraction minière. À l’ouverture du Katanga Business Meeting (KBM) 2026, jeudi à Kolwezi, le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a défendu une stratégie de transformation locale des ressources destinée à repositionner le pays dans les chaînes de valeur industrielles mondiales.

Devant des investisseurs, opérateurs miniers, banquiers et décideurs venus de plusieurs pays, le responsable congolais a exposé sa vision d’une RDC capable de dépasser son statut historique de simple exportateur de matières premières pour devenir une véritable puissance industrielle africaine dans les secteurs liés aux minerais critiques et à la transition énergétique.

« La transformation économique durable de la RDC passe par davantage de production locale, de création d’emplois qualifiés et de développement des capacités nationales », a-t-il déclaré depuis l’hémicycle de l’Assemblée provinciale du Lualaba, où se tient la septième édition du forum économique.

Le cobalt au centre des nouvelles rivalités industrielles

Premier producteur mondial de cobalt et deuxième producteur mondial de cuivre, la RDC occupe une place stratégique dans la transition énergétique mondiale. Ses minerais sont indispensables à la fabrication des batteries électriques, des infrastructures numériques et des technologies vertes.

Mais Kinshasa cherche désormais à modifier un modèle économique longtemps centré sur l’exportation brute des minerais.

À Kolwezi, Daniel Mukoko a insisté sur la nécessité pour le pays de renforcer sa présence dans les secteurs liés aux « minerais critiques », aux nouvelles industries énergétiques et aux chaînes mondiales de transformation. Cette orientation s’inscrit dans la continuité des récents accords stratégiques conclus avec les États-Unis, l’Union européenne et plusieurs partenaires internationaux autour du développement des infrastructures, de la logistique et de la transformation locale des ressources minières.

Le corridor de Lobito comme axe géoéconomique majeur

Au centre de cette stratégie figure notamment le Corridor de Lobito, projet ferroviaire et logistique soutenu par Washington, Bruxelles et plusieurs institutions financières internationales. Ce corridor reliant les zones minières du Katanga au port angolais de Lobito sur l’Atlantique est présenté par Kinshasa comme un levier majeur de compétitivité régionale et d’intégration économique.

Le vice-Premier ministre a souligné l’importance « des infrastructures énergétiques et logistiques » ainsi que « des partenariats structurants » pour soutenir l’industrialisation du pays.

Dans un pays-continent où les coûts de transport demeurent parmi les plus élevés d’Afrique, les infrastructures restent considérées comme l’un des principaux freins à la transformation industrielle.

Séduire les investisseurs dans un contexte de recomposition mondiale

Le Katanga Business Meeting intervient dans un contexte international marqué par une compétition accrue autour des minerais critiques, alors que les grandes puissances cherchent à sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement stratégiques.

Kinshasa tente de tirer parti de cette nouvelle donne géoéconomique pour attirer davantage de capitaux dans les secteurs industriels, énergétiques et logistiques.

À Kolwezi, le gouvernement a également insisté sur la nécessité de restaurer la confiance entre l’État, les investisseurs et le secteur privé. Ce discours intervient alors que les autorités multiplient les réformes destinées à formaliser l’économie, améliorer le climat des affaires et renforcer la participation des entreprises nationales dans les grands projets structurants.

Le pari de l’industrialisation

Longtemps dépendante de l’exportation de ressources brutes, la RDC cherche aujourd’hui à transformer son immense potentiel minier en moteur de développement industriel.

Pour les autorités, l’enjeu dépasse désormais la seule croissance économique : il s’agit aussi de créer des emplois qualifiés, développer des compétences locales et éviter que la transition énergétique mondiale ne reproduise les déséquilibres historiques entre pays producteurs de matières premières et puissances industrielles.

À Kolwezi, capitale du cobalt, Daniel Mukoko Samba a ainsi présenté le Katanga Business Meeting 2026 comme une vitrine de cette nouvelle ambition congolaise : faire de la RDC non seulement une puissance minière, mais également un acteur industriel incontournable des chaînes de valeur mondiales du XXIe siècle.

JDW

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