Le Directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Miguel Kashal Katemb, a présenté lundi à Kinshasa des résultats qu’il a qualifiés de significatifs dans le secteur de la sous-traitance en République démocratique du Congo, avec un chiffre d’affaires cumulé de plus de 2 milliards de dollars américains entre 2023 et 2024.
Ces statistiques ont été dévoilées lors d’un briefing de presse coanimé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, autour du thème : « Régulation de la sous-traitance : décisions, mesures, résultats et perspectives pour les PME congolaises agréées en vue de la création de la classe moyenne en République démocratique du Congo ».
Selon Miguel Kashal, cette progression traduit la montée en puissance d’un secteur appelé à jouer un rôle central dans la transformation de l’économie nationale, en dépit des contraintes conjoncturelles ayant affecté les performances en 2025. « Nous avons enregistré des résultats très encourageants. Après une forte progression depuis 2023, le secteur a généré plus de 2 milliards de dollars. Le recul observé en 2025 s’explique notamment par le contexte sécuritaire dans l’Est du pays, avec l’occupation de Goma et Bukavu par la rébellion de l’AFC-M23 », a-t-il indiqué, tableau démonstratif en main.
Le Directeur général de l’ARSP a souligné que la politique de régulation engagée par son institution s’inscrit dans une logique de redevabilité, de création d’emplois et de promotion de l’entrepreneuriat local. « La sous-traitance doit devenir un levier stratégique de croissance inclusive. Elle doit permettre l’émergence d’une véritable classe moyenne congolaise, conformément à la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo », a-t-il affirmé.
Assainissement du secteur et application stricte de la loi
Miguel Kashal a rappelé que la législation congolaise réserve l’accès aux marchés de sous-traitance aux entreprises dont au moins 51 % du capital sont détenus par des nationaux, la participation étrangère étant limitée à 49 %. « La loi exige qu’au moins 51 % du capital d’une entreprise éligible à la sous-traitance soit détenu par des Congolais. Ceux qui veulent faire de l’argent en République démocratique du Congo doivent s’y installer, créer des emplois et contribuer au développement de l’économie nationale », a-t-il déclaré.
Dans le cadre de l’assainissement du secteur, l’ARSP a radié 408 opérateurs dans la filière cimentière au Kongo Central pour non-conformité aux dispositions légales en vigueur. « Il s’agit de mettre fin à l’opacité et au business offshore », a martelé Miguel Kashal avant d’insister : « Les entreprises concernées disposent d’un délai de 30 jours pour se conformer à la loi et relancer les appels d’offres. L’ARSP reste ouverte aux recours ».
Lutte contre la fuite des capitaux
Le Directeur général de l’ARSP a également dénoncé l’existence d’entreprises opérant sur le marché congolais sans réelle implantation locale, privant ainsi l’économie nationale d’importantes retombées. « Ceux qui veulent faire de l’argent au Congo doivent venir s’installer au Congo, créer des emplois et développer l’économie congolaise », a-t-il insisté.
Selon lui, la sous-traitance ne doit plus constituer un canal de transfert de richesses vers l’étranger, mais plutôt un instrument de création de valeur ajoutée au profit des entreprises congolaises.
Structuration de la chaîne de valeur locale
Dans le secteur minier, Miguel Kashal a réitéré l’interdiction faite aux entreprises minières de commercialiser directement certains intrants stratégiques, notamment l’acide sulfurique, la chaux vive et le charbon. Ces activités, a-t-il expliqué, doivent être confiées à des sous-traitants agréés afin de favoriser l’émergence d’une chaîne de valeur nationale intégrée et de renforcer la participation des PME congolaises dans l’économie extractive.
L’ARSP affirme poursuivre ses opérations de contrôle à travers plusieurs provinces du pays afin de garantir le respect de la loi, promouvoir des partenariats équilibrés entre investisseurs étrangers et entrepreneurs nationaux, et consolider l’essor d’un tissu économique local compétitif.
Yanel Mane

