La République démocratique du Congo a ouvert, mercredi à Kinshasa, la toute première Conférence nationale sur les Infrastructures et Travaux Publics (CN-ITP), une initiative inédite destinée à refonder en profondeur la gouvernance et la stratégie du secteur. Organisées jusqu’au 10 avril sous le haut patronage du président Félix-Antoine Tshisekedi, ces assises rassemblent décideurs publics, experts techniques et partenaires autour d’un même impératif : faire des infrastructures un levier structurant du développement national.
Placée sous le thème « Infrastructures durables et innovantes : vers un système moderne et compétitif pour les ITP en RDC », la rencontre s’inscrit dans la dynamique du Plan national stratégique de développement (PNSD), qui érige la modernisation des infrastructures en priorité de transformation économique, sociale et territoriale.

À l’initiative du ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, cette conférence se veut à la fois un diagnostic sans complaisance et un point de bascule. Dans son allocution d’ouverture, le ministre a insisté sur la nécessité d’une meilleure coordination des interventions, d’une modernisation des pratiques et d’un renforcement du cadre institutionnel. « La tenue de cette conférence n’est ni un hasard, ni un simple rendez-vous technique », a-t-il déclaré, y voyant un appel collectif à bâtir durablement le pays.
Trois principaux livrables sont attendus à l’issue des travaux : une feuille de route opérationnelle pour la période 2026-2030, l’adoption d’une « Déclaration de Kinshasa » fixant les engagements du secteur, ainsi que la mise en place de mécanismes de suivi pour garantir l’effectivité des réformes.
Prenant la parole, le chef de l’État a réaffirmé son ambition de transformer en profondeur l’économie congolaise grâce à un réseau d’infrastructures performant. « La RDC n’est pas condamnée à l’enclavement », a-t-il lancé, appelant à faire de l’immensité du territoire un atout stratégique, à travers le développement des corridors, l’intégration des espaces économiques et la valorisation des chaînes logistiques.
Au-delà des discours, la conférence met également en lumière les capacités techniques nationales. Le Bureau technique de contrôle (BTC) y a notamment installé un stand équipé de matériels spécialisés, illustrant son rôle dans la garantie de la qualité des ouvrages publics. Conduite par son directeur général, la délégation du BTC a souligné l’importance du contrôle technique dans la durabilité des infrastructures.
Cette première édition de la CN-ITP s’inscrit par ailleurs dans une tendance continentale marquée par l’accélération des projets de connectivité, le renforcement de l’intégration régionale et la prise en compte des enjeux climatiques dans la planification des infrastructures.
Plus qu’un simple forum, cette conférence se positionne comme un cadre d’orientation stratégique appelé à impulser une nouvelle dynamique dans un secteur longtemps confronté à des défis structurels. Pour les autorités congolaises, l’enjeu est désormais clair : passer des ambitions aux réalisations, dans un contexte où les infrastructures demeurent un facteur clé de compétitivité et de souveraineté économique.
JDW

