L’affaire prend une dimension explosive et de plus en plus structurée. Ce qui n’était, au départ, qu’un incident sécuritaire autour de la Première Dame de la RDC aux États-Unis s’oriente désormais vers une possible opération coordonnée, articulée autour de relais rwandais et d’un point nodal : l’ambassade du Rwanda à Washington.
Un nouvel élément est venu accélérer la gravité du dossier. Le cabinet Von Batten-Montague-York, L.C., influent dans les sphères de lobbying à Washington, affirme sur son compte X avoir reçu des “premiers rapports” signalant une tentative d’intrusion dans la chambre d’hôtel de la Première Dame. Selon ses informations, des individus identifiés comme rwandais auraient mené une intrusion hostile, suivie d’une brève altercation avec la sécurité avant de prendre la fuite à bord d’un véhicule suspecté d’avoir des liens avec des structures officielles rwandaises.
Le cabinet évoque ensuite plusieurs hypothèses — intimidation, surveillance ou tentative d’attaque — sans tirer de conclusion définitive. Son message, rapidement relayé dans des réseaux politiques américains proches de Donald Trump, a contribué à donner une dimension médiatique et potentiellement politique à l’affaire.
Une chaîne d’indices qui converge vers une coordination diplomatique
Ces révélations viennent renforcer une série d’éléments déjà préoccupants. L’interpellation de plusieurs individus de nationalité rwandaise, combinée à leur extraction rapide présumée par le colonel Bazatoha Raoul, attaché militaire des RDF à l’ambassade du Rwanda à Washington, dessine progressivement les contours d’un dispositif organisé.
Selon des sources concordantes, relayées notamment dans les milieux rwandais d’opposants, cet officier aurait joué un rôle actif en récupérant ou facilitant la mise à l’abri des suspects, suggérant l’existence d’un mécanisme de couverture.
Dans cette configuration, l’ambassade du Rwanda ne serait plus un simple cadre diplomatique, mais pourrait apparaître comme une plateforme opérationnelle ou logistique, servant à coordonner, appuyer ou sécuriser des actions menées par des agents sur le terrain.
Si ces faits étaient établis, ils constitueraient une violation grave des usages diplomatiques internationaux, transformant une représentation officielle en instrument d’opérations sensibles à l’étranger. Cela ne serait pas la première fois, car les régime de Kagame traque ses propres citoyens jusqu’en terres étrangères ; le cas de Patrick Karegeya, ancien officier de renseignement du régime FPR passé à l’opposition, qui fut retrouvé pendu dans une chambre d’hôtel en Afrique du Sud.
Cet assassinat avait été formellement revendiqué par Paul Kagame qui, au lendemain de l’annonce de la nouvelle, déclara que c’est le sort réservé à tout traitre.
Le message du cabinet Von Batten-Montague-York a été rapidement relayé par Rev. Christine Coleman, figure connue pour son soutien à Donald Trump. Elle est aussi parmi ceux qui ont cité le colonel de l’ambassade du Rwanda.
Ce relais n’est pas anodin. Il propulse l’affaire dans les circuits politiques américains, avec le risque de polarisation et de récupération partisane, transformant un incident sécuritaire en sujet de débat national aux États-Unis.
Dans ce contexte, Washington se retrouve sous pression : non seulement pour garantir la sécurité des personnalités étrangères sur son sol, mais aussi pour clarifier d’éventuelles implications d’acteurs diplomatiques accrédités.
Du côté congolais, le ton reste officiellement prudent, mais les signaux sont clairs. L’évocation, par le porte-parole du Gouvernement Patrick Muyaya, d’une “corrélation” avec le Rwanda prend désormais un relief particulier à la lumière de ces nouveaux éléments.
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