Alors que la démission de Modeste Bahati Lukwebo au Sénat ouvre une série de spéculations sur sa succession, le nom de Norbert Basengezi Katintima circule officieusement avec insistance dans une campagne de dénigrement feutrée visant à ternir son image. Pourtant, loin des calculs politiciens immédiats, Basengezi représente une figure transgénérationnelle et structurante de la vie politique congolaise, dont l’expérience et la connaissance profonde du pays ne sauraient être réduites à des rumeurs ou des insinuations malveillantes pour des positionnements.
Depuis quelques jours, un phénomène bien connu de la vie politique congolaise refait surface : celui des campagnes feutrées, anonymes et discrètes, qui s’activent en coulisses au gré des recompositions institutionnelles. La récente démission de Modeste Bahati Lukwebo de ses fonctions au bureau du Sénat a ouvert une séquence de spéculations intenses autour de sa succession.
Parmi les noms évoqués, celui de Norbert Basengezi Katintima – autorité morale du parti Alliance des Nationalistes pour un Congo Émergent (ANCE), membre de l’Union Sacrée – semble cristalliser à la fois attentes et résistances.
Officiellement, rien n’est dit. Officieusement, tout se murmure. Et dans cet entre-deux typiquement congolais, des signaux concordants laissent apparaître une entreprise de dénigrement aussi discrète que persistante, dont il serait l’une des cibles.
C’est précisément dans ces moments où le bruit tend à prendre le pas sur l’analyse qu’il devient nécessaire de revenir à l’essentiel : le parcours, la stature et la valeur réelle des hommes que l’on expose ainsi à la vindicte silencieuse et lâche.
Un acteur transgénérationnel et stratège
Il est des hommes dont la trajectoire dépasse les contingences du moment. Norbert Basengezi Katintima est de ceux-là. À l’heure où son nom circule dans les recompositions en cours au Sénat, certains bruits feutrés tentent d’en altérer l’image.
Mais au-delà des manœuvres conjoncturelles, une évidence s’impose : nous sommes face à un acteur majeur et transgénérationnel de la vie politique congolaise, dont l’expérience constitue un capital national qui transcende tout calcul politicien et situationnel.
Servir sous plusieurs régimes n’est pas seulement une question de longévité ; c’est une école de compréhension profonde de l’État.
De la transition post-Mobutu – 1990 à 1997 – à l’ère actuelle sous Félix Tshisekedi, en passant par les différentes phases de recomposition politique, Norbert Basengezi a été un témoin actif, mais surtout un acteur engagé. Effacé mais efficace, il a vu naître, évoluer et parfois disparaître des générations entières de responsables politiques.
Cette immersion continue lui confère aujourd’hui une connaissance rare — presque organique — de la classe politique congolaise dans toutes ses strates, et c’est précisément cette profondeur qui fonde sa stature actuelle : celle d’un sage, mais aussi d’un trait d’union précieux entre générations politiques souvent fragmentées.
Dans un pays où les transitions sont parfois heurtées, où les tensions entre anciens et nouveaux acteurs peuvent fragiliser l’équilibre institutionnel, de tels profils sont indispensables. Ils incarnent une forme de stabilité, de mémoire et de capacité à désamorcer les crises avant qu’elles ne s’enveniment.
Ce dont Félix Tshisekedi a grandement besoin pour conduire à bien sa vision d’une RDC de grandeur au-delà du potentiel.
Ce n’est pas tout. Réduire Norbert Basengezi à une simple figure d’équilibre serait incomplet. Il est aussi un stratège politique aguerri, rompu aux subtilités des rapports de force et aux dynamiques internes du pouvoir.
Sa lecture des contextes, nourrie par des décennies d’expérience, en fait un acteur capable de contribuer à l’apaisement lorsque les circonstances l’exigent, mais aussi à la consolidation des équilibres institutionnels.
Ce dont le Chef de l’Etat a également besoin en cette période d’efforts pour restaurer la grandeur de la RDC face aux vents contraires de tous bords.
Son ancrage stratégique dans l’Est
Et dans cette logique, Basengezi apporte une dimension insoupçonnée et quelque peu sous-estimée : son ancrage dans l’Est du pays.
Originaire du Sud-Kivu, il ne se limite pas à porter une identité provinciale. A 68 ans d’âge, il incarne aujourd’hui bien davantage : un patrimoine politique national, forgé par une connaissance fine et éprouvée des réalités de cette région.
Cette connaissance ne relève pas de la théorie. Elle s’est construite dans l’action, notamment lorsqu’il fut gouverneur du Sud-Kivu entre 1998 et 2002, au cœur d’une des périodes sécuritaires les plus complexes de l’histoire récente du pays.
À cela s’ajoute une implantation durable dans le tissu économique local.
Ensemble, ces expériences lui confèrent une maîtrise approfondie des enjeux sécuritaires, politiques et sociaux de l’Est — un atout rare dans le contexte actuel.
Sanctions, accusations et valeur stratégique évidente
Il serait toutefois incomplet d’aborder le profil de Norbert Basengezi Katintima sans évoquer les accusations récurrentes liées aux sanctions américaines de l’OFAC ainsi qu’aux soupçons de gestion controversée à la CENI. Mais ici encore, l’honnêteté intellectuelle impose de replacer ces éléments dans leur contexte politique et historique.
Les sanctions prises à l’époque visaient un environnement politique spécifique, celui d’une séquence électorale sous haute tension, dans un régime donné et à un moment précis de l’histoire institutionnelle du pays. Elles relevaient davantage d’un instrument de pression politique internationale que d’une décision judiciaire au sens strict.
En ce sens, elles ne sauraient être assimilées à des condamnations juridiques définitives. D’ailleurs, l’évolution récente de certaines figures concernées par ces mesures invite à relativiser leur portée dans le temps.
En effet, des personnalités comme Lambert Mende, également visées par des sanctions similaires, ont depuis été délistées, confirmant le caractère conjoncturel et réversible de ces dispositifs.
Dès lors, la question qui se pose aujourd’hui est moins celle du passé que celle de l’utilité politique présente. Et sur ce terrain, Norbert Basengezi apparaît comme l’une des figures rares, au sein de la majorité actuelle, capable de soutenir efficacement la dynamique de l’Union sacrée de la Nation et d’accompagner la vision de rassemblement portée par Félix Tshisekedi.
Son expérience politique et sa maîtrise des enjeux sécuritaires de l’Est font de lui une voix prépondérante dans les plaidoyers internationaux pour la cause nationale.
De ce fait, entre des mesures contextuelles désormais dépassées et la valeur stratégique actuelle d’un acteur expérimenté, le choix semble s’imposer de lui-même. S’y opposer reviendrait, de facto, à contrarier une logique de consolidation politique et institutionnelle, pourtant essentielle à la stabilité du pays.
Sur les accusations de détournement, encore une contradiction face à la réalité
Quant aux accusations de détournement de fonds de la CENI souvent associées à cette séquence, elles méritent, elles aussi, d’être examinées avec rigueur et recul. Car au-delà des allégations, un fait demeure : Norbert Basengezi est reconnu depuis plusieurs décennies comme l’un des opérateurs économiques les plus en vue de l’Est de la République.
Bien avant son passage à la CENI, il s’était déjà imposé dans le tissu économique régional, au point d’être désigné, déjà dans les années ’90 (il n’avait que 32 ans), pour représenter sa province à la Conférence nationale souveraine, non pas en qualité d’acteur politique, mais en tant que figure influente de la société civile issue du monde des affaires.
Ce parcours est loin d’être anodin. Il rappelle que son assise économique ne s’est pas construite dans les arcanes de l’administration électorale, mais bien en amont, dans l’initiative privée et l’activité économique.
Dès lors, soutenir qu’il aurait eu besoin de ses fonctions à la CENI pour se constituer une base financière relève davantage d’un malveillant procès d’intention que d’une lecture objective des faits.
Alors, que faut-il penser de ces tentatives de dénigrement, souvent anonymes, rarement assumées ? Elles traduisent moins une critique structurée qu’une logique de positionnement, voire de crainte face à un profil qui dépasse les calculs immédiats. Car, en définitive, en cherchant à ternir l’image de Basengezi pour des considérations politiciennes de basse facture, c’est bien plus qu’un homme que l’on fragilise. C’est une ressource nationale de valeur insoupçonnée que l’on prend le risque de saboter.
Et c’est là tout le paradoxe : dans un contexte où la République a besoin d’expérience, de mémoire et de figures capables de faire le lien entre les époques, se priver de tels profils reviendrait à s’amputer volontairement de ses propres atouts. Ce serait, en somme, rendre un très mauvais service à la Nation.
Interpellation finale : la vision de l’autorité morale
Enfin, il convient d’interpeller clairement ces manœuvres politiciennes qui, sous couvert de calculs étroits, s’éloignent de l’esprit de rassemblement prôné par l’autorité morale de l’Union sacrée de la Nation. En cherchant à écarter ou affaiblir des profils d’expérience comme celui de Norbert Basengezi, c’est en réalité la vision même portée par Félix Tshisekedi qui risque d’être contrariée — une vision fondée sur le rassemblement, la stabilité institutionnelle et la valorisation des compétences.
Priver cette dynamique de ses valeurs sûres reviendrait non seulement à fragiliser l’action politique en cours, mais aussi à compromettre les équilibres que seule une alliance entre expérience et renouvellement peut garantir.
À l’heure des choix, il appartient donc aux acteurs politiques de mesurer la portée de leurs positions : servir des intérêts de circonstance ou accompagner, avec lucidité, une ambition nationale plus large.
JDW

