Kinshasa, 17 mars 2026 — Bottes aux pieds et regard rivé sur les chantiers, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a repris son bâton de pèlerin. Objectif : vérifier, corriger et accélérer.
De Ngaliema à Lemba, en passant par Kintambo, Selembao et Mont-Ngafula, le patron des ITP a mené une inspection grandeur nature des travaux du programme d’urgence 2025, dans une capitale toujours aux prises avec les défis d’inondations, d’érosion et de congestion urbaine.

Cette tournée, qualifiée de « mission terrain permanente », s’inscrit dans la dynamique impulsée par le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, déterminé à transformer durablement le visage infrastructurel de Kinshasa.
Le canal Lubudi, pièce maîtresse contre les inondations

Première escale : Ngaliema, au niveau du pont Dag Hammarskjöld sur l’avenue Mondjiba. Ici, se joue l’un des projets structurants de la capitale : le canal « Lubudi », long de 6 kilomètres.
Pensé comme une réponse aux inondations récurrentes et à l’ensablement des exutoires, l’ouvrage affiche déjà 920 mètres réalisés sous la supervision de l’Office des voiries et drainage (OVD). Une avancée jugée encourageante, mais encore insuffisante face à l’ampleur du défi hydrologique.
Kintambo–Bandal : urgence sur la rivière Makelele
Cap ensuite sur Kintambo, où la situation de la rivière Makelele alerte. Entre curage indispensable et constructions anarchiques qui entravent l’accès des engins, le diagnostic est sans appel. Le ministre préconise une approche radicale : curage immédiat de la rivière ; démolition des occupations illégales et construction d’un pont reliant Kintambo à Bandalungwa.
Un triptyque présenté comme indispensable pour contenir les inondations et restaurer la fluidité urbaine.
Routes et béton : la bataille de la qualité
Sur l’avenue du Tourisme, les travaux de réhabilitation en chaussée rigide avancent sur 2 kilomètres, entre Mimoza et le saut-de-mouton Pompage. Exécutés par CREC 8 sous supervision de l’ACGT et de l’OVD, les travaux affichent un bon rythme.
Mais John Banza ne relâche pas la pression : contrôle du béton, vérification du décapage, exigence de durabilité. Le mot d’ordre est sans appel : pas de compromis sur la qualité.
Même fermeté sur l’avenue Okito à Delvaux (route Matadi), où il met en garde contre l’occupation illégale de l’emprise publique et l’obstruction des caniveaux par des déchets. Un ultimatum de 48 heures est lancé avant des poursuites judiciaires.
Selembao et Mont-Ngafula : la guerre contre l’érosion
À Selembao, sur le site de l’érosion Nkingu (Matondo et Kereth), les travaux confiés à Jin Jin International couvrent un linéaire de 799 mètres. Le ministre exige une accélération immédiate.

Même logique à Mont-Ngafula, où :
– des caniveaux sont en cours de construction sur 2 kilomètres à l’avenue Makenga ;
– la route de Kimwenza est redevenue praticable, rétablissant la circulation.
Une satisfaction pour le ministre, qui y voit un signe concret de l’efficacité des interventions engagées.
Interconnecter Kinshasa, priorité stratégique
Au-delà des urgences, cette tournée dessine une vision : celle d’une capitale interconnectée, résiliente et moderne.
Parmi les autres sites inspectés :
– Mitendi, pour la protection des lignes de la SNEL ;
– le by-pass Elengesa, pour maîtriser l’érosion de la rivière Kalamu ;
– l’Université de Kinshasa, avec 4 km de voirie en chantier ;
– Cogelos et Tchad 1 & 2, avec des routes en 2×2 bandes.
Un cap maintenu malgré les défis
Au terme de cette inspection marathon, le constat du ministre se veut rassurant : « les travaux évoluent très bien », assure-t-il, tout en appelant à maintenir la cadence.
Dans une ville où chaque pluie met à l’épreuve les infrastructures, le gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa entend maintenir le cap. Avec l’appui technique de structures comme l’OVD, l’Office des Routes, l’ACGT ou encore le FONER, John Banza Lunda engage Kinshasa dans une course contre la montre pour rattraper des décennies de retard.
Sur le terrain, une certitude s’impose : la bataille des infrastructures est lancée — et elle se joue désormais, quartier par quartier.
JEK

