À l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC), la nouvelle équipe dirigeante précise ses orientations. La rectrice, la professeure ordinaire Espérance Bayedila Bakanda Tshimungu, a successivement échangé avec le personnel scientifique puis administratif afin de présenter les lignes directrices de son quinquennat, placé sous le signe de la « rupture » et du redressement institutionnel.

Une rupture revendiquée avec les antivaleurs
Face au corps scientifique, la rectrice a posé le diagnostic et l’ambition : rompre avec les pratiques jugées déviantes et restaurer l’image de l’université. « Nous sommes un Comité de gestion de la rupture avec les antivaleurs », a-t-elle déclaré, fixant comme cap la reconquête de la crédibilité et du prestige de l’établissement, en référence à son passé sous l’appellation ISTI.
Cette orientation, a-t-elle insisté, suppose une transformation des pratiques quotidiennes. Les assistants et chefs de travaux sont appelés à davantage de rigueur, à l’éthique professionnelle et à l’abandon de comportements jugés incompatibles avec la mission académique, notamment les rivalités délétères au sein du corps enseignant.
La réforme passe également par la consolidation du système LMD. À cet égard, la rectrice a fixé une exigence claire : l’inscription obligatoire au troisième cycle pour les membres du personnel scientifique. À défaut, ils ne pourront continuer à exercer en qualité d’assistant.
L’objectif affiché est de former, au cours du mandat, un nombre significatif de docteurs, condition d’un renforcement durable de la qualité académique.
Un plan stratégique inédit à l’horizon 2050
Ces orientations s’inscrivent dans un cadre plus large : l’élaboration d’un plan stratégique à l’horizon 2050. Une première dans l’histoire de l’université, selon la rectrice, qui souligne l’absence d’un tel outil de gouvernance depuis plus de cinquante ans.
Ce document entend servir de boussole pour les générations futures, avec l’ambition de repositionner l’UNISIC comme une référence en sciences de l’information et de la communication en Afrique centrale, tout en renforçant son rayonnement à l’échelle continentale et internationale.
La présentation officielle de ce plan est prévue le 19 mars, lors d’une cérémonie solennelle qui réunira autorités publiques, partenaires diplomatiques et anciens étudiants.
Le personnel administratif, pivot de la crédibilité institutionnelle

Quelques heures plus tôt, la rectrice s’était adressée au personnel administratif, insistant sur son rôle déterminant dans la perception de l’institution. L’image d’une université, a-t-elle rappelé, se construit aussi dans des aspects concrets : qualité de l’accueil, propreté des infrastructures, entretien des espaces et état des installations sanitaires.
Elle a appelé à une culture de courtoisie, notamment à l’égard des étudiants, considérés comme au cœur de la mission universitaire.
L’amélioration de l’environnement de travail et des services rendus apparaît ainsi comme un levier central de la crédibilité institutionnelle.
Dans une logique d’engagement réciproque, la rectrice a également rappelé les obligations du Comité de gestion — notamment le paiement régulier des agents — et celles du personnel, invité à respecter les horaires, à exécuter efficacement ses tâches et à adopter un comportement professionnel irréprochable.
Une réforme globale de la gouvernance universitaire
À travers ces échanges, la direction de l’UNISIC dessine les contours d’une réforme globale, articulée autour de trois axes : moralisation de la vie académique, professionnalisation du personnel et planification stratégique à long terme.
Au-delà des déclarations d’intention, la réussite de ce projet dépendra de l’adhésion effective de l’ensemble de la communauté universitaire. Mais pour la rectrice Espérance Bayedila, la dynamique est engagée : restaurer l’image, reconstruire la crédibilité et redonner à l’UNISIC une place de premier plan dans le paysage académique régional.
Congo Guardian

