Assainissement de Kinshasa : les universitaires du Cercle Sophie Kanza plaident pour un mécanisme scientifique de suivi

La question de l’assainissement de la capitale congolaise revient au cœur du débat public. Reçue par la ministre de l’Environnement, du Développement Durable et de la Nouvelle Économie du Climat, la Professeure Marie Nyange Ndambo, une délégation du Cercle Sophie Kanza a plaidé pour la mise en place d’un mécanisme scientifique indépendant chargé d’assurer un meilleur suivi des programmes d’assainissement dans la ville de Kinshasa.

Conduite par sa présidente, la professeure Berthe Nzinga Ilunga, la délégation de cette association qui regroupe des femmes professeures d’université de la RDC est venue partager son analyse face aux défis environnementaux qui frappent la capitale, une mégapole de plus de 15 millions d’habitants. Selon Berthe Nzinga Ilunga, l’initiative s’inscrit dans la volonté du monde académique de contribuer à la recherche de solutions durables pour une ville confrontée à une pression démographique croissante.

« Nous sommes venues voir Madame la Ministre parce que la question de l’assainissement de la ville de Kinshasa nous interpelle en tant que professeures et chercheuses. L’assainissement dans cette ville est fortement affecté par une croissance démographique galopante qui exerce une pression sur le système de drainage, la gestion des déchets et la gestion des eaux », a-t-elle expliqué.

Cette situation se traduit, selon elle, par des conséquences visibles dans la vie quotidienne des habitants : « À chaque pluie, il y a des inondations, une insalubrité quasi généralisée ainsi que la pollution de notre fleuve et de nos sols ».

Les universitaires pointent également un paradoxe : malgré la multiplicité des projets et initiatives consacrés à la gestion des déchets et à l’assainissement, les résultats demeurent limités sur le terrain.

« Nous avons constaté qu’il existe plusieurs programmes et projets dans ce domaine. Mais la question demeure : que font réellement ces initiatives et pourquoi les problèmes persistent-ils avec des conséquences parfois si graves ? », s’est interrogée la présidente du Cercle Sophie Kanza.

Pour la délégation, les difficultés observées seraient notamment liées à un manque de coordination entre les différents programmes, à l’absence d’évaluation systématique et à un suivi insuffisant des actions engagées.

Face à ce constat, les universitaires proposent la création d’un dispositif scientifique indépendant capable de coordonner, d’évaluer et de suivre l’ensemble des programmes d’assainissement dans la capitale. Une telle structure, estiment-elles, permettrait de produire des analyses rigoureuses et de formuler des recommandations concrètes pour améliorer durablement la gestion des déchets, le drainage urbain et la salubrité publique.

Au terme de la rencontre, la ministre de l’Environnement a pris acte des préoccupations et propositions formulées par les membres du Cercle Sophie Kanza. Elle s’est engagée à examiner les pistes de collaboration évoquées afin d’identifier des solutions susceptibles de renforcer l’efficacité des politiques d’assainissement dans la capitale congolaise.

Cette démarche illustre l’importance croissante du dialogue entre décideurs publics et monde académique pour relever l’un des défis urbains majeurs de Kinshasa : restaurer durablement la salubrité d’une métropole en pleine expansion.

Yanel Manu

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