Le ton est ferme, sans détour et sans équivoque. Dans une note officielle datée du 19 février 2026, note en circulation libre dans les réseaux sociaux, la Présidence de la République rappelle à l’ordre les bénéficiaires et chauffeurs des véhicules de fonction immatriculés « PR », pointant une recrudescence de comportements « inciviques et illégaux » sur les routes de la capitale.
La note est co-signée par l’assistant logistique du Chef de l’État, Jean Paul Mulumba Mutekemene, et le Coordonnateur des ressources humaines de la Présidence, Claude Zinga Efika. Le document, qui porte la référence PR/CAB/SPCE/RH/mak/013/2026, a été transmis pour information au Chef de l’État en personne ainsi qu’à toute la hiérarchie de son cabinet, à commencer par le Directeur de Cabinet, Antony Nkinzo.
Cette note d’information et de rappel des instructions de la décision du 19 mai 2025 et de la Charte de bonne conduite dresse une liste accablante de manquements observés, à la suite de « nombreuses plaintes d’usagers de la route » et d’enquêtes internes.
Parmi les faits dénoncés :
- le non-respect du Code de la route et des feux de signalisation ;
- la circulation en double file et en sens interdit ;
- les intimidations à l’encontre d’autres conducteurs et même d’agents de l’ordre ;
- l’installation strictement interdite de gyrophares et dispositifs assimilés ;
- le bâchage ou la dissimulation des plaques d’immatriculation ;
- ainsi que diverses formes de trafic d’influence, d’abus d’autorité ou d’invocation abusive du nom de la Présidence.
Autant de pratiques qui, selon les signataires, constituent une violation grave des engagements pris lors de l’acquisition des véhicules de fonction « PR », chaque bénéficiaire et chauffeur ayant signé une Charte de bonne conduite les engageant à un usage « responsable, discipliné et exemplaire ».
Au-delà des infractions routières, c’est l’image même de la première institution du pays qui est jugée en péril. Les auteurs de la note estiment que ces comportements portent atteinte « à l’image, à la crédibilité et à l’autorité morale » de la Présidence et, par ricochet, à l’action de son premier animateur, le Président de la République.
Dans une ville déjà étouffée par les embouteillages chroniques, la multiplication de cortèges officiels roulant en double file, bloquant des carrefours ou forçant le passage a fini par exacerber l’exaspération des Kinois.
La situation n’est pas nouvelle : le Chef de l’État a déjà interpellé les membres de son administration en Conseil des ministres sur les excès constatés, allant jusqu’à descendre personnellement sur certaines artères de Kinshasa pour constater la réalité du terrain.
Cette nouvelle note apparaît ainsi comme un rappel solennel à l’ordre, mais aussi comme un signal politique fort : nul n’est au-dessus des règles, pas même ceux qui circulent sous l’estampille « PR ».
C’est pourquoi la note fait des mises en garde évoque des mesures dissuasives. Tout contrevenant s’expose, sans avertissement préalable, à un blâme officiel émanant de la haute hiérarchie. En cas de récidive, la confiscation immédiate du véhicule de fonction est prévue, « sans délai » et « jusqu’à nouvel ordre », sans préjudice d’éventuelles poursuites administratives ou disciplinaires.
Et la note se termine par un avertissement sans appel :« Aucune tolérance, aucune intervention et aucun passe-droit ne seront admis. »
CG

