La tension est brusquement montée dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où Kinshasa dénonce une « offensive généralisée » des Forces de défense du Rwanda (RDF) dans l’axe Kamanyola–Uvira. Dans un communiqué officiel publié ce jeudi à 1 heure du matin, le Gouvernement congolais accuse Kigali d’avoir « violé de manière flagrante le cessez-le-feu » et de compromettre l’accord de paix récemment parrainé par le président américain Donald J. Trump.
Les autorités congolaises décrivent une opération « criminelle » menée depuis plusieurs jours, marquée par « l’usage d’armes tactiques, notamment des drones kamikazes », qui ont provoqué des pertes civiles et « des dégâts matériels considérables ».
Kinshasa évoque « plus d’une centaine de cas de décès » et « plus de 200 000 nouveaux cas de déplacés », avec des populations « prises au piège des attaques » et des infrastructures civiles « endommagées » ou rendues inaccessibles.
Risque d’embrasement régional
La gravité de la situation dépasse, selon Kinshasa, le seul territoire congolais. Le communiqué indique qu’à partir du 4 décembre, « des tirs d’artillerie en provenance des positions RDF–M23 ont franchi la frontière et touché le territoire burundais », illustrant, selon le Gouvernement, « le potentiel déstabilisateur de cette agression pour l’ensemble de la région des Grands Lacs ».
Le Gouvernement rappelle également la déclaration récente du Groupe de contact international (GCI), qui a identifié « sans ambiguïté la responsabilité du Rwanda et de ses supplétifs du M23 dans l’escalade en cours ».
Kinshasa met Washington devant ses responsabilités
Mais c’est surtout la mise en cause directe du Rwanda dans le non-respect de l’accord de Washington — signé moins d’une semaine auparavant — qui marque un tournant diplomatique majeur. Selon le communiqué, « la situation à Uvira marque un tournant grave », car elle constitue « un choix délibéré du Président Kagame de tourner le dos aux Accords de Washington », sapant « de manière intentionnelle les efforts consentis par le Président Donald J. Trump pour ramener la paix ».
Estimant que Kigali fait preuve d’un « mépris flagrant » pour les engagements pris, le Gouvernement congolais appelle les facilitateurs des processus de Washington et de Doha, ainsi que la médiation africaine, à recourir « pleinement à l’ensemble de leur arsenal politique et diplomatique ». Il réclame des mesures « urgentes, fermes et coordonnées », y compris des sanctions, afin de « restaurer la crédibilité » du cadre de paix.
Appel au Conseil de sécurité
Kinshasa adresse également un signal fort aux Nations unies en pressant le Conseil de sécurité de garantir l’application de la résolution 2773 (2025). Le communiqué appelle l’ONU à agir « rapidement et de manière résolue » pour assurer « la protection des civils, la cessation des hostilités et la fin de tout soutien étatique aux groupes armés ».
Malgré cette escalade, le Gouvernement assure demeurer engagé dans le respect des accords de paix — tout en rappelant qu’il « ne renoncera jamais à son droit légitime à la sécurité, à la protection de sa population et à la défense de l’intégrité de son territoire ».
JDW

