RDC : Justin Kalumba dévoile une réforme de rupture pour ancrer l’entrepreneuriat dès l’école

Le gouvernement congolais veut transformer l’entrepreneuriat en réflexe national, et la réforme annoncée ce mercredi par le ministre de l’Entrepreneuriat et Développement des PME, Justin Kalumba Mwana-Ngongo, marque un tournant stratégique. Lors d’un briefing de presse tenu à la RTNC et consacré à la restitution de la Table ronde nationale sur l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes, le ministre a détaillé une vision qui entend remodeler en profondeur la culture économique du pays, en partant de la base : l’école.

Une réforme adossée aux “3 C” et un “grand V” pour la Valorisation nationale

Devant la presse, Justin Kalumba a déroulé les fondements d’une réforme nationale présentée comme l’une des plus ambitieuses de ces dernières années. Articulée autour des « 3 C » — Capacitation, Crédit, Contrats — et intégrée dans ce qu’il appelle le « grand V » de la Valorisation du potentiel national, la stratégie vise à faire de l’entrepreneuriat un pilier culturel, au même titre que l’instruction civique.

Pour le ministre, « l’éducation doit devenir la première porte d’entrée vers l’entrepreneuriat ». Il veut habituer les élèves à observer leur environnement, identifier les besoins, imaginer des solutions et adopter une posture proactive plutôt qu’attentiste face à un marché de l’emploi encore largement informel et saturé.

Former autrement : des écoles provinciales et un apprentissage précoce

La réforme place au cœur de sa mécanique un chantier majeur : la refonte de la formation professionnelle, jugée aujourd’hui insuffisante pour répondre aux immenses besoins du pays. Le gouvernement prévoit ainsi la création d’une grande école de formation dans chaque province, spécialisée dans les métiers porteurs localement.

Fait inédit : l’introduction de stages dès l’école primaire. Une orientation assumée par Justin Kalumba, pour qui « nous devons aller jusqu’à introduire le cours de l’entrepreneuriat au niveau de la formation de base, la formation élémentaire ». L’objectif : nourrir les vocations dès le plus jeune âge et valoriser les savoir-faire pratiques.

Un Office national de l’emploi réinventé pour garantir l’égalité des chances

Le ministre a également annoncé la transformation de l’actuel Office national de l’emploi, rebaptisé Office national de l’emploi et de l’égalité des chances. Sa mission : assurer un accès plus juste et transparent au marché du travail.

Parmi les innovations :

  • la généralisation des CV anonymes pour réduire les discriminations ;
  • le renforcement de l’Inspection générale du Travail, afin de protéger salariés et employeurs et professionnaliser davantage les relations professionnelles.

Un concours national des plans d’affaires pour faire émerger des “champions économiques”

Le soutien aux jeunes créateurs d’entreprises constitue l’autre grande pierre angulaire de la réforme. Le ministre a annoncé le lancement du Concours des plans d’affaires simplifiés, organisé dans chaque circonscription électorale. L’idée : offrir aux citoyens une opportunité équivalente à celle existant dans le champ politique, mais appliquée à l’innovation économique.

Les lauréats recevront :

  • un appui technique,
  • des équipements financés par l’État,
  • un encadrement continu pour concrétiser leurs initiatives.

Aucun fonds ne sera remis directement aux bénéficiaires, afin de garantir la bonne gestion des équipements. Cette approche vise à faire émerger une nouvelle génération de “champions économiques”, moteurs des économies locales et remparts contre le chômage.

Une Table ronde nationale sans précédent

Revenant sur la Table ronde nationale ayant fondé cette réforme, Justin Kalumba a rappelé le caractère exceptionnel de l’événement, convoqué — et personnellement présidé — par le Président de la République. « Il a participé même aux ateliers, ce qui est une première », a souligné le ministre.

La rencontre a réuni 475 jeunes venus de toutes les provinces, et a donné naissance à 305 recommandations, désormais intégrées dans la feuille de route du gouvernement.

Cette réforme, si elle est pleinement exécutée, pourrait marquer une étape historique dans la construction d’un écosystème entrepreneurial réellement accessible à tous, en commençant par l’école et en s’étendant jusqu’aux territoires les plus éloignés. La RDC se donne ainsi l’ambition d’investir dans sa jeunesse en la plaçant au cœur de la transformation économique nationale.

Yan Manu

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