Éboulement à Mulondo : la Chambre des Mines de la FEC déplore un « drame minier évitable » et appelle à la réforme de l’exploitation artisanale

Dans la province minière du Lualaba, le dernier accident mortel à Mulondo vient compléter tragiquement une longue série de drames qui frappent le secteur minier artisanal congolais. La Chambre des Mines de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) tire la sonnette d’alarme : sans une réforme urgente et profonde, cette activité vitale mais dangereuse continuera de coûter des vies humaines dans des conditions de travail inacceptables. Pour préserver la dignité, la sécurité et l’avenir de millions de mineurs, il est impératif de mettre en place un cadre industriel sécuritaire, digne et économiquement viable.

La Chambre des Mines de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) exprime une profonde émotion et tire la sonnette d’alarme suite au drame survenu le 15 novembre 2025 dans la mine artisanale de Mulondo, sur le site de Kawama dans la province du Lualaba. « Ce drame, qui a coûté la vie à plusieurs compatriotes, endeuille une fois de plus le secteur minier du pays », indique la FEC dans un communiqué.

Le bilan avancé de cet éboulement hoscille entre 32 et 40 morts.

Cette tragédie, dans un secteur minier déjà sous pression, met en lumière les dangers extrêmes de l’exploitation artisanale dans les zones d’extraction lourde, s’inquiète la FEC. « La corporation des mineurs artisanaux, ainsi que la grande famille de la province minière du Lualaba », sont durement frappées par ce drame, dénonçant l’absence de mesures suffisantes pour garantir la sécurité des travailleurs dans ces conditions difficiles.

Le drame de Mulondo est aggravé par l’accident d’avion survenu le 17 novembre 2025 à l’aéroport de Kolwezi, impliquant le Ministre national des Mines, Watum Kabamba Louis, alors qu’il se rendait en mission officielle pour évaluer les causes et gérer les conséquences de l’incident. Bien que sans victimes, cet accident souligne la gravité de la situation dans cette région minière clé.

Un secteur à redéfinir d’urgence

La Chambre des Mines de la Fédération des Entreprises du Congo tire la sonnette d’alarme en dénonçant une réalité trop longtemps tolérée : « l’exploitation artisanale du cuivre, du cobalt et de tous les autres métaux lourds, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, est une activité à haut risque humain, environnemental et social ».

Le communiqué souligne aussi que cette activité expose quotidiennement « des milliers de jeunes Congolais à des conditions de travail inacceptables », avec « effondrements de galeries creusées sans respect des normes requises », « risques d’inondations imprévisibles » et « exposition chronique aux substances toxiques ».

La Chambre des mines cogne encore : Le modèle artisanal, faute d’encadrement suffisant, « prend tous les jours plus d’ampleur », alimenté par « l’absence d’opportunités d’emplois pour la jeunesse congolaise ».

Face à cette situation déplorable, la Chambre des Mines insiste sur la nécessité absolue d’« engager une réforme structurelle profonde » et de construire « une alternative industrielle diversifiée, digne, sécurisée et économiquement viable » pour les millions de Congolais vivant aujourd’hui de l’artisanat minier.

Elle rappelle que lors d’un atelier de haut niveau organisé en septembre 2025, des recommandations pertinentes ont été formulées et attendent désormais « leur endossement par le gouvernement pour la mise en place des structures de suivi de mise en œuvre ». Un engagement ferme est déclaré pour œuvrer, « aux côtés de l’autorité publique, de la société civile et des partenaires techniques et financiers, pour une transformation profonde de l’artisanat minier afin de préserver la dignité et la vie de nos concitoyens ».

Un appel vibrant pour sauver des vies

Face à ces incidents tragiques, la Chambre des Mines de la FEC appelle à une mobilisation urgente des autorités et des acteurs concernés. Le communiqué conclut sur un ton solennel : « Ce drame endeuille une fois de plus le secteur minier du pays », insistant sur la nécessité d’agir vite pour protéger les vies humaines dans les zones minières du Lualaba.

Le secteur artisanal congolais, vital mais périlleux, doit désormais être encadré et sécurisé pour éviter d’autres pertes humaines, au risque de compromettre l’avenir même de la filière minière en RDC.

Cette alerte dramatique de la Chambre des Mines de la FEC souligne l’impérieuse nécessité de réformes et d’une meilleure organisation pour un secteur minier artisanal plus sûr et plus humain.

JDW

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