La soirée aurait pu être une célébration de l’esprit sportif et de la fierté nationale. Elle s’est transformée, par la faute de quelques-uns, en scène de désolation. Mardi soir, au Stade des Martyrs, les Léopards de la RDC affrontaient les Lions de la Teranga du Sénégal dans un match attendu, sous les yeux de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Le choc avait bien commencé : la RDC menait au score, avant de céder face à une équipe sénégalaise plus réaliste. La défaite, difficile à encaisser, n’a pourtant rien de définitif.
Les Léopards gardent encore toutes leurs chances de qualification pour la Coupe du monde 2026. Mais ce sont les comportements honteux d’une frange de supporteurs qui marquent les esprits aujourd’hui.
Des chaises brisées, des installations saccagées
Au lieu d’applaudir l’effort fourni par les joueurs et de préparer la revanche sportive, certains supporteurs ont choisi la colère stérile : des sièges arrachés, des installations endommagées, une partie du stade dégradée. Une image déplorable qui, une fois de plus, expose au grand jour les contradictions d’un pays qui aspire à rayonner par le sport, mais où la passion se retourne parfois contre le bien commun.
Ces infrastructures ne sont pas de simples blocs de béton. Elles représentent un patrimoine collectif, financé par l’argent public et destiné à la jeunesse congolaise.
Chaque chaise brisée, chaque mur saccagé est un affront à la nation toute entière.
Le sport comme soft power… ou comme faiblesse ?
La Première ministre n’a pas mâché ses mots. Pour Judith Suminwa, ces comportements vont « à l’encontre de la véritable mission du sport », qui est d’unir, de pacifier et de faire rayonner le pays. La RDC a toujours puisé dans ses succès sportifs, mais aussi culturels – la rumba, la mode, les arts – une force de rayonnement international. Le sport, au même titre que la musique, constitue l’un des leviers du soft power congolais.
À l’heure où les Léopards luttent pour retrouver les plus grandes compétitions internationales, à l’heure où la RDC tente de redorer son image au-delà de ses crises politiques et sécuritaires, ces débordements en tribunes ne sont pas de simples « incidents ». Ils sapent les efforts d’une nation qui veut se montrer unie et responsable.
Civisme ou chaos : un choix de société
La défaite d’un soir ne justifie pas la destruction d’un patrimoine commun. La passion pour le football doit se transformer en énergie constructive, non en pulsion destructrice. La jeunesse congolaise est appelée à comprendre que chaque geste de vandalisme est une victoire offerte à ceux qui doutent de la capacité du pays à se relever et à s’imposer sur la scène mondiale.
Car le véritable combat se joue désormais autant sur les terrains de football que dans les gradins : civisme contre chaos, responsabilité contre dérive. Et c’est toute l’image de la RDC qui en dépend.
JDW

