La République démocratique du Congo (RDC) franchit une nouvelle étape dans la modernisation de ses infrastructures transfrontalières, grâce au partenariat renforcé avec TradeMark Africa (TMA). L’organisation régionale de facilitation du commerce a confirmé, lundi, l’avancement de plusieurs projets stratégiques en Ituri, au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et au Kongo Central, destinés à fluidifier les échanges et à accroître la compétitivité du pays.
Lors d’une réunion de travail à Kinshasa, la Première ministre Judith Suminwa et son équipe ont échangé avec Allen Sophia Asiimwe, directrice adjointe et cheffe des programmes de TMA, sur l’état d’exécution des projets en cours et ceux à venir.
Des projets déjà visibles sur le terrain
Plusieurs chantiers menés par TMA sont désormais achevés : le poste frontalier à arrêt unique de Mahagi (Ituri), conçu pour réduire les délais de passage et les coûts liés au commerce transfrontalier, et les entrepôts du port de Kalundu (Sud-Kivu), qui renforcent les capacités logistiques sur le lac Tanganyika, porte d’entrée vers le Burundi, la Tanzanie et la Zambie.
D’autres infrastructures sont en cours, comme la modernisation de la frontière de Ruzizi II entre la RDC et le Rwanda, tandis que des marchés transfrontaliers à Lufu (Kongo Central) et à Kasindi (Nord-Kivu) ont déjà franchi l’étape des études de faisabilité.
En parallèle, TMA appuie le gouvernement dans la mise en œuvre d’outils numériques, dont le Portail d’informations commerciales (PIC) et la modernisation du Guichet unique intégral du commerce extérieur (GUICE). L’organisation accompagne également l’adoption du Régime commercial simplifié (RECOS), destiné à faciliter les échanges de petite échelle entre commerçants transfrontaliers et à réduire l’informalité.
Un enjeu stratégique pour l’économie congolaise
Ces initiatives interviennent dans un contexte où la RDC cherche à diversifier son économie, encore largement tributaire des exportations minières, et à renforcer son intégration régionale. Avec ses neuf frontières, le pays est l’un des carrefours commerciaux de l’Afrique centrale et de l’Est, mais ses infrastructures vieillissantes et ses procédures lourdes freinent depuis longtemps les échanges.
La ratification en juillet 2025 par Kinshasa de l’Accord de l’OMC sur la facilitation des échanges (AFE) constitue un tournant. Ce cadre international engage désormais la RDC à moderniser ses procédures douanières et à réduire les barrières non tarifaires, une réforme dont TMA est l’un des principaux partenaires techniques et financiers.
Coopération renforcée mais défis persistants
Si les progrès sont tangibles, des difficultés demeurent, notamment sur les facilités fiscales et douanières prévues dans le cadre de l’Accord-cadre conclu avec TMA. Ces points ont été abordés lors des discussions de lundi et devraient être arbitrés en concertation avec le ministère congolais des finances.
Pour Mme Asiimwe, « la RDC possède un potentiel unique de transformation en hub commercial régional, mais cela suppose des infrastructures modernes, une meilleure gouvernance frontalière et une pleine appropriation des réformes par les acteurs locaux ».
Un espoir de compétitivité retrouvée
En misant sur la fluidification du commerce transfrontalier, Kinshasa espère stimuler l’investissement, accroître les recettes fiscales formelles et soutenir l’émergence d’un secteur privé local plus compétitif. La Première ministre Judith Suminwa a assuré que son gouvernement « maintiendra la cadence », voyant dans ces projets une opportunité non seulement de croissance économique mais aussi de création d’emplois dans des régions fragilisées par l’insécurité.
Albert Osako

