La Première ministre congolaise, Judith Suminwa, a réaffirmé la volonté de son gouvernement de faire des zones économiques spéciales (ZES) un levier majeur de l’industrialisation et de la création d’emplois en République démocratique du Congo (RDC). Elle a présidé lundi la première réunion du Comité stratégique de pilotage des ZES, chargée d’évaluer l’état d’avancement de ce programme et de proposer des solutions aux difficultés persistantes.
Sept nouvelles zones prévues
Le ministre de l’industrie, Aimé Boji Sangara, a indiqué que sept nouvelles zones économiques spéciales étaient en préparation, venant s’ajouter à celles déjà opérationnelles, notamment à Maluku, Kin Malebo, Kinsevere et Lubero. « Les ZES contribuent déjà à la création d’emplois et à l’industrialisation du pays », a-t-il assuré, tout en soulignant que plusieurs obstacles d’ordre administratif et réglementaire freinent encore leur fonctionnement optimal.
La saturation de Maluku, un défi urgent
Le cas de la ZES de Maluku, située à l’est de Kinshasa, illustre ces difficultés. Devenue saturée, la zone manque d’espace pour accueillir de nouveaux investisseurs. Le gouvernement envisage des expropriations avec compensations afin d’élargir son périmètre. « La question est délicate mais incontournable si nous voulons soutenir la dynamique en cours », a reconnu le ministre.
Malgré ces contraintes, certaines industries installées dans les ZES commencent à s’imposer sur les marchés régionaux. À Maluku, une usine de fabrication de carreaux exporte déjà vers le Congo-Brazzaville, où elle revendique 80 % du marché. D’autres entreprises, notamment dans les secteurs agroalimentaire et pharmaceutique, y opèrent également. « Ces initiatives démontrent que le modèle peut fonctionner et générer des emplois », insiste M. Boji.
Attirer les investisseurs nationaux
Le gouvernement Suminwa veut par ailleurs encourager davantage les entrepreneurs congolais à investir dans ces zones, longtemps dominées par des capitaux étrangers. « L’industrie doit contribuer à la souveraineté économique. Nous souhaitons que les nationaux occupent une place croissante dans les futures ZES », a déclaré le ministre de l’Industrie.
Les ZES offrent des avantages fiscaux et administratifs attractifs : guichet unique, exonérations fiscales, sécurisation des concessions et accès facilité aux infrastructures de base comme l’électricité et l’eau.
Une pièce maîtresse du programme gouvernemental
Depuis son arrivée à la Primature en 2024, Judith Suminwa a fait des ZES un axe central de son programme économique. Son exécutif entend orienter les nouveaux investissements vers les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre et à forte valeur ajoutée locale, afin de réduire le chômage et renforcer l’assise industrielle d’un pays encore largement dépendant de ses exportations minières.
JDW

