Le FMI salue les réformes de Kinshasa sur les subventions pétrolières et la gestion des recettes

Une mission technique du Fonds Monétaire International a noté des « évolutions positives » dans la mise en œuvre par la RDC d’une feuille de route visant à assainir un secteur stratégique et à renforcer les finances publiques.

Une délégation du Fonds Monétaire International (FMI), conduite par le chef de mission pour la RDC, Calixte Ahokpossi, a salué lundi les progrès accomplis par le gouvernement congolais dans la réforme de la gestion des produits pétroliers, un dossier crucial pour la santé financière du pays.

Lors d’une rencontre avec le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, le FMI, en mission technique préparatoire, a pris acte des résultats « encourageants » enregistrés dans l’exécution d’une feuille de route de 14 points. Celle-ci vise principalement à minimiser le coût des pertes et des manques à gagner pour l’État, ainsi qu’à restructurer les subventions dans le secteur stratégique des hydrocarbures.

M. Mukoko Samba a détaillé les avancées, reconnaissant que certains points n’étaient « pas encore finalisés » pour des « raisons de choix tactique », tout en insistant sur l’essentiel : le travail rigoureux accompli pour assainir ce secteur. Il a affirmé que les manques à gagner dus aux compagnies pétrolières pour l’année 2024 avaient été « certifiés pour tous les trimestres » et intégralement payés, à l’exception de quelques petites sociétés devant finaliser leur documentation.

Une mesure phare : la fin des subventions aux miniers

La réforme la plus significative mise en avant par le gouvernement est l’exclusion de la subvention pétrolière pour les sociétés minières opérant dans le sud-est du pays. Présentée comme une « décision courageuse », cette mesure a permis, selon le ministre, de marquer un « tournant décisif ».

L’impact sur les recettes de l’État serait déjà tangible. Daniel Mukoko Samba a cité en exemple le Fonds d’Entretien Routier (FONER), dont les recettes auraient bondi de 64% depuis la mise en œuvre de cette politique. Cette hausse illustre l’objectif central de la feuille de route : rediriger les fonds publics des subventions vers des investissements et services nationaux.

Validation et prochaines étapes

Le FMI a accueilli favorablement ces développements. M. Ahokpossi a estimé que la situation « évolue dans le bon sens depuis un certain temps déjà ». Le Fonds attend cependant davantage d’informations et prévoit de poursuivre ses évaluations lors d’une mission de revue officielle prévue en octobre 2025.

Cette évaluation technique sert de prélude aux prochaines Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, qui se tiendront à Washington en octobre, où les performances économiques de la RDC seront certainement discutées.

Pour les observateurs internationaux, ces réformes représentent un test clé de la capacité du gouvernement congolais à mener à bien des politiques fiscales impopulaires mais nécessaires pour stabiliser son économie et accroître sa marge de manœuvre budgétaire. La prochaine mission du FMI en octobre sera déterminante pour valider de manière plus formelle ces progrès annoncés.

JDW

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