Le pont Bunduwe, sur le Lualaba (Fleuve Congo), est de nouveau au cœur d’un chaos routier. Vendredi 5 septembre, un camion surchargé transportant des sacs de ciment et des tôles ondulées à destination du Kasaï a provoqué l’avarie de cet ouvrage métallique de type Bailey, long de 165 mètres, reliant Luena à Kabondo Dianda.
Sous le poids excessif, plusieurs éléments du tablier ont cédé, tombant dans la rivière et emportant avec eux des parties du platelage. Les structures assurant la stabilité du pont ont été tordues, perdant totalement leur capacité à supporter des charges.
Le camion, lui, n’est pas tombé dans l’eau, mais reste bloqué, incapable d’avancer ou de reculer. Résultat : le trafic est complètement paralysé, avec plusieurs dizaines de camions immobilisés de chaque côté du pont.
Selon l’entreprise Crec 9, plus de 200 camions attendent leur passage. La situation est aggravée par l’absence de voies de déviation. Les travaux de réparation ne pourront commencer qu’après le dégagement du véhicule bloqué.
Ce scénario dramatique n’est pas nouveau pour le pont Bunduwe. Construit à l’époque coloniale et toujours provisoire, il connaît régulièrement ce type d’incident :
- Vendredi 20 septembre 2019 : un camion surchargé en provenance de Lubumbashi pour le Kasaï avait causé une interruption similaire, nécessitant deux semaines pour rétablir le trafic.
- Dimanche 20 août 2023 : le trafic avait de nouveau été coupé après le passage d’un autre camion surchargé, toujours de Lubumbashi.
Le pont Bunduwe, essentiel pour les échanges commerciaux entre le Sud et le centre de la RDC, reste vulnérable face aux charges excessives. Heureusement, les travaux de modernisation de la RN1, financés par le programme sino-congolais, prévoient le remplacement de tous les ponts Bailey par des ouvrages définitifs, sécurisés et adaptés au trafic actuel.
En attendant ces travaux, les autorités et transporteurs doivent gérer un embouteillage massif et un risque de perturbation économique majeur dans la région. L’urgence est désormais de dégager le camion bloqué pour éviter une aggravation de la situation.
Albert Osako

