RDC : Judith Suminwa scelle un méga-partenariat qatari de 21 milliards USD

La scène avait des allures de grande diplomatie économique : ce mardi, à l’hôtel du Gouvernement, la Première Ministre congolaise Judith Suminwa Tuluka a accueilli une délégation de haut vol de l’Émirat du Qatar, conduite par Son Altesse Sheikh Mansour Bin Jabor Bin Jasim Al Thani. À la clé : une lettre d’intention chiffrée à près de 21 milliards USD d’investissements pour la République Démocratique du Congo.

Un pacte stratégique XXL

Le partenariat, présenté comme « gagnant-gagnant », repose sur une alliance entre Al Mansour Holding, géant qatari du privé, l’État du Qatar et le gouvernement congolais. L’ambition est claire : placer la RDC au centre des investissements du Golfe, sur des secteurs vitaux pour son développement.

Agriculture, élevage, environnement, gestion des déchets, santé publique et industrie pharmaceutique, formation professionnelle, infrastructures, finances, cybersécurité, mines, hydrocarbures, raffinage… le spectre est large.

« Nous avons remis à la Première Ministre une lettre d’intention précisant un budget de 21 milliards USD. La RDC est une terre d’opportunités », a souligné Reda Jaber, représentant du Sheikh, avant de promettre : « Nous voulons les exploiter pour le bien du Qatar… et surtout du peuple congolais. »

Kinshasa tend le tapis rouge aux investisseurs

Face à ce mastodonte économique du Golfe, Judith Suminwa a déroulé une plaidoirie assumée en faveur de l’ouverture aux capitaux étrangers. La cheffe du Gouvernement a vanté la stabilité et le climat des affaires congolais, assurant un accompagnement sur-mesure.

« Nous voulons encourager des investissements privés fondés sur la transparence, le respect mutuel et la recherche d’un bénéfice partagé. Soyez assurés, Votre Altesse, que le Gouvernement est résolu à lever tout obstacle et garantir un environnement compétitif », a-t-elle déclaré.

Un historique de coopération RDC-Qatar

Ce méga-projet s’inscrit dans la continuité d’une relation économique et diplomatique en construction depuis plusieurs années :

• 2021 : Signature à Doha d’accords sur la modernisation des aéroports de Kinshasa (Ndjili, Ndolo) et Lubumbashi (Luano), ainsi que des ports de Matadi, Boma et Kinshasa, incluant la protection des investissements qataris.

• 2022 : Accord général à Kinshasa sur les infrastructures aéroportuaires, confirmant l’ouverture du pays aux capitaux qataris.

• 2024 : Rencontre bilatérale à Doha entre le Président Tshisekedi et l’Émir Tamim bin Hamad Al-Thani, réaffirmant la volonté de renforcer la coopération économique et commerciale.

• 2025 : Le Qatar s’illustre comme médiateur diplomatique dans le Processus de Doha, facilitant le dialogue entre la RDC et le Rwanda et participant à des initiatives de paix dans l’Est du pays.

Ces jalons illustrent la stratégie qatarie de s’inscrire durablement dans le développement économique et diplomatique de la RDC, avant même la signature de ce méga-investissement de 21 milliards USD.

Vers une implantation accélérée

L’Émir qatari a promis d’accélérer les démarches d’installation de son groupe en RDC. Pas moins de huit mémorandums d’entente (MoU) sont déjà en cours de finalisation.

Cette visite marque un tournant stratégique pour la RDC, qui cherche à attirer les capitaux du Golfe alors que ses immenses ressources naturelles et son marché de plus de 100 millions d’habitants suscitent un intérêt croissant des investisseurs internationaux.

Kinshasa affiche clairement ses ambitions : devenir le hub économique et stratégique de l’Afrique centrale, avec Doha comme partenaire de premier plan.

JEK

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *