Constant Mutamba : l’Icare de la politique, brûlé par son propre soleil

Triste épilogue d’un jeune loup de la politique, Constant Mutamba,  qui – sauve la noblesse de son idéal – rêvait de voler au-dessus des institutions, mais a oublié que le soleil de la réalité brûle toujours plus fort que les illusions. Un parcours marqué par une désinvolture qui aura, au final, consumé aussi bien l’idéal que l’homme avant même que le temps ne s’en charge. Ironie du sort : il n’était pas sur la liste du Gouvernement Suminwa I à sa publication, et il n’y était plus à son remaniement…

Il avait cru pouvoir défier tous les vents et toutes les tempêtes, ailes grandes ouvertes, gonflées par le souffle du populisme. Constant Mutamba, tel un Icare politique, s’est élancé vers un soleil qu’il croyait dompter. Mais la cire qui recouvrait ses ailes – ce populisme qu’il brandissait comme bouclier – a fondu au premier rayonnement d’une réalité implacable : la politique n’épargne ni l’arrogance, ni l’immaturité.

Car Mutamba est resté… constant, mais constant dans l’inconséquence. Oubliant que le populisme sans sagesse n’est qu’un feu de paille, il s’est lancé dans une guerre qu’il jugeait noble contre les antivaleurs, sans mesurer que la première armure de cette bataille, c’est la prudence.

Des fronts ouverts… et tous perdus

Il a voulu se battre sur tous les terrains. Premier front : la justice. En confondant le parquet avec des individus, il a poussé l’irrévérence jusqu’à transformer les marches du Palais de justice en tribune politique. Ironie cruelle : ce bâtiment, qu’il avait eu le mérite de réhabiliter et moderniser, fut aussi le théâtre de sa plus grave désacralisation.

Deuxième front : le gouvernement dont il était membre. Par deux fois, il s’est attaqué publiquement à la Première ministre Judith Suminwa. La seconde fois, il poussa ses militants à la surnommer « Karaba la sorcière », référence au dessin animé Kirikou, lors de son fameux meeting au Palais de justice.

Troisième front : la presse. Sa confrontation musclée avec la journaliste Elysée Odia en direct à la télévision a ajouté une nouvelle tache à son palmarès conflictuel… avec, encore, une femme comme cible.

Quatrième front : la Cour de cassation elle-même. Jusqu’à récuser deux juges qui, refusant de se prêter à son jeu, se retirèrent avant la décision finale. Jamais, dans les annales judiciaires congolaises, un accusé n’avait osé une telle désinvolture… et il l’a payée cash et au prix fort.

Des excuses trop tardives

À l’issue du procès, Mutamba a présenté ses excuses. Mais à l’échelle des dégâts, elles sonnèrent creuses. Car ses fautes ne se limitaient pas à ce dossier : elles jalonnaient tout son bref passage au gouvernement.

Le plus ironique dans tout cela ? Constant Mutamba ne figurait pas dans le Gouvernement Suminwa I au moment de sa publication… et il n’y était plus au moment de son remaniement.

Ainsi se referme l’épilogue d’un jeune loup de la politique, qui rêvait de voler au-dessus des institutions, mais qui a oublié que le soleil de la réalité brûle toujours plus fort que les illusions.

Triste fin pour un parcours marqué par une désinvolture qui aura, au final, consumé l’homme avant même que le temps ne s’en charge.

Jonas Eugène Kota

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